Qui sont les vrais-faux opposants de Poutine?

La campagne présidentielle russe vient d'être lancée. Supplié de se re-présenter, Vladimir Poutine briguera un quatrième mandat. Autour de lui, peu d'adversaires. Sont-ils en position de bousculer la campagne et de le menacer?

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Le compte à rebours est lancé: la campagne électorale pour la présidentielle en Russie a officiellement démarré ce lundi. Officiellement, 67 partis russes peuvent présenter un candidat à l’élection présidentielle. Mais jusqu’à présent, seules 23 personnes ont exprimé le souhait de participer au scrutin.

Sans réel concurrent, on voit mal ce qui pourrait barrer la route à Vladimir Poutine pour briguer un quatrième mandat. Face à lui, c’est le désert. Son pricipal opposant, le démocrate et croisé anti-corruption Alexeï Navalny, 41 ans, a été disqualifié d’office en raison de plusieurs condamnations en justice – notamment pour détournements de fonds – le rendant inéligible jusqu’en 2028.

Depuis quelques mois, Ksenia Sobtchak, ancienne star de la télé-réalité, tente d’occuper l’espace vacant par Navalny. Mais sa crédibilité est totalement remise en doute par la frêle opposition. En cause: elle est la fille d’Anatoli Sobtchak, premier maire élu de Saint-Pétersbourg et ancien «mentor politique» de Vladimir Poutine. Elle est aussi la représentante des années 1990. Celle d’une génération qui a grandi après la chute de l’URSS, synonyme d’enrichissement personnel pour les uns, de descente aux enfers pour les autres. Et malgré sa sincérité, la population russe la rattache à la première catégorie: celle de l’oligarchie.

Les autres candidats constituent une vielle garde de candidats inchangés depuis 25 ans. Sur le flanc gauche, le communiste Guennadi Ziouganov, un adorateur de Staline – dépourvu de charisme – qui concoure en vain à l’élection depuis 1996. Sur le flanc droit, l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski, 71 ans, un tribun dont le meilleur score remonte à 1991. Les deux hommes appuyent la politique étrangère de Vladimir Poutine et leurs sorties médiatiques se limitent à des critiques très modérées du président sortant.

Une simple formalité

Et puis, il y a les candidats fantoches, dont le rôle consiste davantage à capter les voix de l’opposition que d’incarner une offre politique diversifiée. Parmi eux, Elena Berkova, 32 ans, davantage connue pour ses films X que pour son engagement politique. Son programme? Taxer les pauvres et faire appliquer la peine de mort aux personnes reconnues coupables de harcèlement sexuel.

Les dés sont tellement pipés que seuls 28% des Russes se disent prêts à aller voter le 18 mars prochain. Pas de quoi inquiéter le « Tsar Poutine » qui, sauf surprise, devrait remporter le scrutin pour un nouveau mandat de six ans jusqu’en 2024. Près d’un quart de siècle après avoir succédé à Boris Elstine à la tête du pays.

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