Ceci n’est pas un stade

C’est l’histoire d’un non-pays où on imaginait construire un stade “national”…

Stade national ©BelgaImage

Dans un vrai pays, dès le début, le gouvernement “national” aurait été à la manœuvre de ce stade “national” à ériger dans la capitale “nationale”. Mais dans un vrai pays, le poids lourd du gouvernement ne serait pas un parti qui veut la démolition de ce pays et qui exècre voir flotter le drapeau “national” (via le sport notamment). Dans un vrai pays, on n’aurait pas tripoté ce stade en cachette entre un miraculeux promoteur privé (Ghelamco), la très secrète Union belge de foot, un club poussé mais frileux à occuper les  lieux (Anderlecht), une Région de Bruxelles-Capitale quasi spectatrice et un naïf échevin des Sports de Bruxelles-Ville qui en a fait une affaire personnelle (Alain Courtois). Dans un vrai pays, on se serait tapé sur les cuisses quand ce beau monde annonça que leur stade bidouillé ne coûterait rien au contribuable. Dans un vrai pays, on aurait crié au fou à l’idée de construire ce stade bricolé sur le territoire d’une commune de la très flamingante périphérie. Dans un vrai pays, on aurait hurlé en sachant que ce stade uniquement footballis-tique allait condamner le seul événement belge d’envergure mondiale: le Mémorial Van Damme d’athlétisme.

Un non-pays

Dans un vrai pays, on aurait pensé à l’accès à ce stade bricolé autrement qu’à bord d’une reine-bagnole via un ring déjà surencombré, en s’inspirant par exemple du stade de Porto, où aucun (aucun!) des 50.000 spectateurs ne vient en voiture et où tout le monde (tout le monde!) arrive en métro. Dans un vrai pays, on aurait fait preuve d’ambition collective, en finançant la construction d’un anneau multifonctionnel, comme le stade “régional” de Lille: 50.000 places, capable en seulement 12 heures de se transformer en un hall tennis- tique de 27.000 places pour la Coupe Davis. Dans un vrai pays, on aurait construit ce stade à la place du Stade Roi Baudouin ou sur d’autres sites en Région bruxelloise, qui sont déjà desservis par des trams ou des métros (ils existent!). Mais la Belgique est devenue un non-pays incapable de faire rouler un RER. Un non-pays surréaliste où un petit chemin vicinal obsolète de Grimbergen peut tuer un projet. C’était donc l’histoire pitoyable du non-stade “national”…

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