Eric Mestdagh : « La moitié du comité de direction n’est pas de Charleroi »

Le boss du groupe Mestdagh porte un regard enthousiaste sur "son" Charleroi natal. Un regret toutefois: que son comité de direction ne soit pas plus composé de Carolos. Est-ce la raison de son départ au 1er juillet prochain?

Eric Mestdagh : « La moitié du comité de direction n’est pas de Charleroi »

À Charleroi, on va au Mestdagh, même si l’enseigne officielle est celle d’un Carrefour Market. Question d’habitude prise depuis des années, moment où la famille Mestdagh se lançait dans le commerce alimentaire. À l’origine, il s’agissait d’une épicerie dans la région de Châtelet. Aujourd’hui, le groupe Mestdagh est composé d’environ 80 supermarchés, employant plus de 2000 employés. Éric Mestdagh a pris la tête de l’entreprise depuis 15 ans. Avec une foi redoublée dans son berceau natal. Lui et son frère John, les patrons du groupe qui porte leur nom, se retireront pourtant à partir du 1er juillet, annoncent les journaux Sud Presse. Ils resteront uniquement actifs au sein du C.A. Le Français Guillaume Beuscart, ancien patron de Lagardère Belgique reprendra la direction du groupe. Manque-t-on de ressources propres à Charleroi?

Éric Mestdagh, quel regard portez-vous sur le Charleroi de 2017?

Éric Mestdagh – Ce qui s’y fait est très bien, très positif. Les gens osent ressortir en ville. La ville s’embellit. On peut à nouveau y vivre, y travailler. Les Carolos ne se cachent plus. Ils osent dire d’où ils viennent. Maintenant, ce n’est que le premier chapitre. Il faut continuer les aménagements. L’impulsion politique donnée est très bonne. Une activité économique refonctionne. C’est très bien. Et puis, on crée du beau à Charleroi. Il faut à présent qu’il soit respecté. Quand ce sera le cas, il y aura un vrai effet démultiplicateur.

Que faites-vous pour Charleroi?

É. M. – On est une entreprise active à Charleroi et j’y suis un employeur important. Cette région nous fait vivre et nous la faisons vivre en retour. Alors tout ce que je peux faire pour le redéploiement, je le fais.

Charleroi a pris coup sur coup toutes les crises industrielles ou autres dans la figure. Vous n’avez jamais désespéré?

É. M. – Je n’ai jamais été découragé. Que du contraire. On s’est toujours battu pour que tous nos partenaires soient de la région: les banques, les avocats, les réviseurs sont locaux. L’expertise à Bruxelles n’est pas meilleure qu’à Charleroi. Mais elle est parfois plus difficile à trouver au moment où nous recrutons. Ce qui manquera toujours à Charleroi, c’est une université où former les jeunes. On a besoin d’élever le niveau d’éducation. Je suis frustré que plus de la moitié des membres de notre Comité de Direction ne soit pas de Charleroi.

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