Benjamin a inventé la « maréchalisation »

C’est pas cher, ça fait de l’audience, donc c’est de l’info de service public…

Benjamin Maréchal ©RTBF

Parce qu’en plus, tu serais la victime ? Je te cite: “On veut me salir”. Rassure-toi, Benjamin, tu te salis très bien tout seul. Et je ne parle pas que de ton dernier chef-d’œuvre de racolage visqueux, celui qui t’a valu ce commentaire de Bertrand Henne, ton collègue de la RTBF: “Ce type est une honte pour le service public”. À Pecq, un scout de 12 ans est mortellement fauché par une voiture. Le lendemain, tu poses cette question aux auditeurs de C’est vous qui le dites, sur Vivacité: “Rouler à 60-70 km/h à proximité d’une troupe de scouts, est-ce que c’est toujours un risque ou pas forcément?” La question n’est pas qu’absurde et crétine. Elle est vomitive pour les proches du garçon. Mais qu’importe, puisque c’est du Maréchal et que tout lui est permis. Avec la bénédiction audimétrique de la direction de la RTBF, qui se salit avec toi depuis 10 ans. Depuis 10 ans, tes questions aux auditeurs ont toujours été formulées de façon à provoquer du pulsionnel, de l’invective, de l’excès, donc du buzz. Et ne me parle pas de journalisme: tu ne sais pas ce que c’est. Tu mets un point d’honneur (?) à ne surtout pas corriger l’auditeur-roi qui aligne les mésinformations ou les contre-   vérités. “Bon, je note que…” C’est ça, ton journalisme? Ne me parle pas de “réactivité à l’info”. Ce n’est ni de la réactivité ni de l’info. Ton émission est juste un déversoir brut de propos péremptoires. “Pour beaucoup, il est insupportable que je donne la parole à des gens?” Mais tu ne donnes pas la parole, Benja. Tu l’utilises pour attiser. Alors, bien sûr, tu n’es pas le seul à abuser de la libre antenne. Loin de là. C’est pas cher et ça fait de l’audience. Mais écoute les autres: eux ont maintenant le souci de     recadrer, de rectifier, de nuancer, de remettre en perspective. Tu ne fais rien de tout ça. Deux heures par jour, tu fais éructer. Tu manipules les ignorances et les sentiments. Mais à ta manière, tu resteras dans l’histoire. Comme la “bruxellisation” désigne la démolition incontrôlée du patrimoine architectural bruxellois dans les années 60-70, tu as peut-être inventé la “maréchalisation”. Qui désignera un jour la démolition de l’information de service public. Ou de l’info tout court…

Sur le même sujet
Plus d'actualité