Dans le cas Damso, nous on tranche

L’Union belge est pour. Les féministes contre. Le sponsor Coca-Cola s’interroge. Nous, on tranche.

Damso ©DR

En choisissant le rappeur Damso pour écrire l’hymne de notre Coupe du monde, l’Union belge de football a hérité d’une polémique. Elle qui pensait avoir réussi un joli coup avec “un artiste populaire et issu de l’immigration, comme beaucoup de  Diables Rouges”. La qualité, la quantité, un slogan Benetton en prime. Objectivement, on ne peut pas lui donner tort. Né à Kinshasa, réfugié à neuf ans en Belgique, William Kalubi est désormais une star. Son album s’est vendu à plus de 300.000 exemplaires, le clip de Macarena a été vu 42 millions de fois et, sur la plateforme de streaming Spotify, ses cinq titres majeurs ont été écoutés 100 millions de fois. Au festival des Ardentes, il a fait plus de monde que Stromae et, ici comme en France, les médias les plus vénérables tressent des louanges à son hip-hop aux mélodies mélancoliques et à la malice de ses textes. 

Sauf que le Conseil des Femmes Francophones et six autres associations féministes ne lui passent pas des paroles qui seraient une “incitation au sexisme”. En citant pour se justifier des extraits tronqués, elles veulent l’empêcher de nous représenter. Quand Damso exprime ses fortunes et ses peines de cœur, c’est clair, il le fait avec le vocabulaire d’une génération éduquée à YouPorn, qui s’accroche grâce à Tindr, s’entretient à distance avec des sextos et se sépare à coups de revenge porn. Capri, c’est réellement fini. Le “scandaleux” Je t’aime moi non plus aussi. Il est possible de détester cette réalité, cela ne l’empêchera pas d’exister. On ne peut pas non plus confondre l’auteur et les personnages de ses chansons. Nabokov, l’auteur de Lolita, n’était pas pédophile et, si son livre décrit une déviance, il n’en fait pas l’apologie. Le rap est plein de clichés épuisants de bêtise, et de provocations bon marché. L’expression artistique de Damso est au-dessus de cette mêlée. Sa chanson pour les Diables Rouges sera différente, évidemment sage et joyeuse, et va rassembler tous les publics. Voter pour lui, c’est comme réclamer la mixité sociale à l’école. Il n’y a pas débat.

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