VIDÉO. Joëlle Milquet: « Le monde politique est fait de coups bas »

Ça n’a pas été facile, mais on l’a retrouvée. Telle qu’on l’avait quittée. L’ancienne ministre inculpée n’a pas dit son dernier mot. Ni en politique, ni devant la justice, ni à ceux qui se croyaient débarrassés d’une emmerdeuse. 

Joëlle Milquet ©Olivier Pirard

Joëlle Milquet attache élégamment ses cheveux, le bronzage léger, la robe bien coupée. Elle remonte ses manches au-dessus des coudes, le sourire forcé, le pied agité. On rencontre l’ex-ministre inculpée. Elle est nerveuse. Elle a le cœur gros. Elle veut parler, déballer, mais elle hésite.

Joëlle Milquet, comment allez-vous ? 

JOËLLE MILQUET – Bien. Je suis sereine, debout et combative même si j’ai fait le choix de me tenir à distance quelque temps de la scène politico-médiatique active. Ce qui ne veut pas dire que je ne suis plus engagée en politique. Dans ce que j’ai vécu comme injustice profonde depuis deux ans, il y a du positif mais aussi du négatif. De l’odieux. 

De l’odieux?
Je suis une hyperactive. J’ai été présidente du cdH douze ans, ministre huit ans. J’ai toujours bossé à fond pour l’État, les citoyens, en ayant quatre enfants. On dort peu. On ne s’écoute pas. Mais on fait avancer les choses. J’ai fait ça vingt ans. Le monde politique est fait de coups bas, mesquin, agressif, surtout ces derniers temps, d’ailleurs. Ce n’est pas un long fleuve tranquille. C’est vrai que sur base de ce qui m’est arrivé, vivre loin de cette bulle-là, ça m’a permis de me ressourcer, retrouver du temps, voir mes amis, ma mère, avoir une vie plus saine, faire des actions sociales. Mais ce qui s’est passé, au-delà du choc personnel (son inculpation, sa démission comme ministre – NDLR), m’a offert aussi une solide analyse de la nature humaine.
Sur vos amis?
Ça permet de voir que certains proches dans le monde politique qu’on pensait fidèles et fiables ne sont plus du tout là quand vous n’êtes plus “au pouvoir” et que d’autres que vous n’attendiez pas vous témoignent une vraie solidarité. Humainement, c’est une expérience très décevante.
Votre parti vous a lâchée?
Le parti? Non. Pour le reste, je fais mes communications à l’interne du parti.

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