Hommes, femmes, nouveaux modes d’emploi

Après la déferlante de dénonciations d’agressions sexuelles à Hollywood comme chez les anonymes, quelles conclusions tirer pour faire évoluer notre société? Une piste: oublier le mot pulsions. Et parler d’éducation.

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Les noms n’en finissent plus de tomber depuis le 5 octobre dernier. Dans le sillage de l’affaire Harvey Weinstein, on découvre que Kevin Spacey, Tariq Ramadan, Dustin Hoffman, Terry Richardson ou encore Jeremy Piven, Casey Affleck et James Toback auraient profité de leur statut pour agresser ou harceler des femmes et des hommes en toute impunité. Et si l’omerta bien ancrée dans le monde du cinéma (comme ailleurs) qui protégeait jusqu’ici les puissants de la moindre répercussion semble se dissoudre, le combat est loin d’être terminé. L’onde de choc qui a participé à réveiller les consciences et à libérer la parole doit désormais être utilisée pour modifier les fondements d’une société qui se gargarise encore trop souvent de son patriarcat. Après Hollywood, après la déferlante de témoignages sous les hashtags #MeToo et #BalanceTonPorc, l’heure est à l’action. Laquelle? Nous avons donné la parole à trois spécialistes de la cause féminine: l’historienne et psychanalyste belge Sylvie Lausberg, la docteure en sciences psychologiques Annalisa Casini et Valérie Lootvoet, directrice de l’Université des femmes.

Harvey Weinstein, Kevin Spacey, Tariq Ramadan, Dustin Hoffman, etc. Les noms n’en finissent pas de tomber. Qu’est-ce qui explique cette déferlante?
SYLVIE LAUSBERG – La parole des femmes se libère parce qu’il y a un effet d’entraînement. Mais cela ne veut pas dire qu’elles ne parlaient pas avant… Disons qu’on ne les écoutait pas aussi attentivement. Il a fallu que cela vienne des États-Unis pour qu’on y prête plus attention. En France, les femmes poli- tiques dénoncent depuis 20 ans le traitement qui leur est infligé, mais cela n’a jamais vraiment été entendu. J’ai travaillé sur ce sujet, sur les femmes qui approchent le pouvoir et le traitement qui leur est réservé, et clairement cela n’intéressait pas les gens. Ni la population, ni les éditeurs, ni les médias. Il y avait une suspicion à l’égard de la parole des femmes.
VALÉRIE LOOTVOET – Dans une société qui reste aussi sexiste que la nôtre, les victimes sont souvent plus incriminées que les auteurs.

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