Poids des aliments: l’emballage ment une fois sur six

Rares sont les clients à peser un produit pour savoir si le poids correspond au poids affiché sur l’emballage. Et pourtant ils devraient, au risque sinon de se faire avoir une fois sur six. 

Le poids du mensonge ©BelgaImage

Attentif et suspicieux, le consommateur averti doit s’armer de qualités multiples au moment de poser son acte d’achat devant les nombreuses embûches qui lui sont posées: obsolescence programmée, gros paquet soi-disant avantageux, fausse ristourne… Et maintenant arnaque aux produits préemballés. Dans tous les cas, les femmes et les hommes qui dévorent les rayons les mains posées sur les caddies “en ont moins que prévu pour leur argent”. 

La semaine passée, le SPF Économie a tiré la sonnette d’alarme. Au cours des cinq dernières années, les contrôleurs du service métrologie du SPF ont effectué près de 2.700 contrôles sur des produits en grande surface. Dans près de 440 cas, ils ont constaté des infractions plus ou moins importantes entre le poids annoncé et le poids réel. Pour lutter contre ce phénomène, les contrôles ont été renforcés en 2017: 1.200 contrôles prévus. Ces constatations sont notamment étayées par des plaintes de consommateurs, comme par exemple pour un paquet de saumon (84 g au lieu de 100) ou encore un emballage proposant du steak (de 4 % à 11 % plus léger). Malheureusement, les clients sont rarement à l’origine des plaintes ou des  remarques. Face à ces erreurs, des P.-V. sont dressés: 40 en 2016 et déjà 47 pour les 6 premiers mois de l’année en cours. 

Un mauvais étalonnage de l’appareil

Pour les inspecteurs du SPF Économie, les magasins ne sont évidemment pas en cause. Ils se tournent directement vers les fabricants de boîtes, bouteilles, canettes, dosettes… Les inspecteurs ciblent plusieurs problèmes: un mauvais étalonnage de l’appareil qui pèse, une volonté de tromper… Ou, pour les produits en vrac, un emballage (une barquette pèse plus qu’un sachet) qui influence le prix unitaire. En 2013, Test-Achats avait déjà attiré l’attention sur les problèmes de conditionnement et de prix tel ce pot de yaourt nature de 750 g à 3,11 €/kg vendu 3,23 €/kg une fois proposé dans un emballage d’un kilo… Ou encore pour les dosettes Senseo “passées de 7,5 à 7 g” selon le magazine. 

En France, la même enquête a été menée par le magazine français 60 millions de consommateurs voici peu, sur des produits comme la boîte de thon, le  paquet de farine, la barquette de fraises, le sac de courgettes, la tablette de chocolat… Suite à la visite inopinée de 720 établissements, les inspecteurs français de la répression des fraudes ont ainsi observé un poids non conforme pour 50 % des produits à quantité variable comme les fruits et légumes ou un tiers des paquets de farine trop légers. Il ne reste aux consommateurs qu’à se rendre en magasin avec leur balance sous le bras ou à espérer que leur smartphone puisse très bientôt scanner le poids réel du produit acheté…

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