Les Experts belges résolvent des crimes et font la loi

Malgré l'incendie de l'an dernier, l'INCC a poursuivi ses activités. En 2017, les experts ont notamment travaillé sur l'affaire du dépeceur de Mons et chiffré la consommation de drogues de synthèse.

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Les Experts de l’Institut National de Criminalistique et de Criminologie (INCC) sont requis par les magistrats pour tenter d’identifier les auteurs de crimes et leurs modes opératoires. Ils réalisent pour cela des analyses forensiques sur des pièces à conviction en tout genre (vêtements, traces ADN, armes à feu, etc.). Des chercheurs y mènent également des études en criminologie qui servent de base à la politique pénale menée en Belgique. Cette dernière année, regrette le directeur général Jan De Kinder, « les dégâts causés par l’attentat dans la nuit du 28 au 29 août 2016 qui a causé la destruction de diverses analyses, heureusement sans impact majeur sur les affaires judiciaires, et laboratoires ont contraint le personnel à travailler au ralenti. » Cela n’a toutefois pas empêché l’Institut d’être efficace quand cela s’est avéré nécessaire. Le bilan 2017 n’est évidemment pas encore disponible, mais devrait suivre celui de l’an dernier. Au total, l’INCC a en 2016 réalisé 6736 expertises, reçu 7226 dossiers des magistrats et compté 14336 pièces à conviction. L’Institut a en outre enregistré 9328 nouveaux profils ADN et accumulé 48503 profils de traces et de suspects ainsi que 39881 profils de personnes définitivement condamnées ou internées dans les deux banques nationales de données.

Jerrycans d’essence et armes à feu

Ces chiffres se traduisent évidemment sur le terrain. En mai dernier, des experts incendie ont été mandatés pour analyser deux jerrycans d’essence suspectés d’avoir été utilisés lors d’un incendie mortel pour deux adultes et trois enfants à Marchienne-au-Pont dans la région de Charleroi. Les conclusions des experts ont laissé peu de place au doute et le suspect a fini par passer aux aveux. À l’INCC, d’autres affaires cruciales sont en cours d’analyse. Au mois de mars, la Justice a notamment réquisitionné certains experts pour mener des analyses liées au dépeceur de Mons. Plus récemment, ils ont aussi travaillé sur les munitions retrouvées dans le canal d’Ittre dans le cadre des tueries du Brabant. Ils ont finalement déterminé qu’elles n’avaient pas de lien avec l’affaire.

L’INCC a en outre la tâche d’analyser les « 3 à 4 armes saisies chaque semaine en Belgique ». Éric Van Den Meerschaut, coordinateur de la section Balistique, explique: « On teste ces armes en conditions réelles, on tente de réaliser des correspondances avec les balles et douilles que nous avons déjà dans nos bases de données pour peut-être élucider des crimes. Ça peut être des fusils d’assaut, des armes de poing, des pistolets, des revolvers, etc. »

Drogues de synthèse

En juin dernier, des chercheurs ont par ailleurs chiffré pour la première fois la consommation de drogues de synthèse en Belgique. En analysant les prélèvements sanguins de 588 conducteurs, Vincent Di Fazio (sur la photo), expert en toxicologie, et ses collègues sont arrivés à la conclusion que 7 % des conducteurs contrôlés positifs aux stupéfiants classiques présentaient en plus des traces de « nouvelles substances psychoactives ». « En général, les consommateurs savent comment contourner la loi, commente Vincent Di Fazio. Ces données permettent notamment aux représentants politiques de débattre et, s’ils l’estiment nécessaire, de légiférer. » Ce qui, pour les drogues de synthèses, a été le cas. Un arrêté royal interdit depuis le 4 octobre 2017 la structure de base de nombreuses substances psychoactives à l’origine d’au moins six décès au cours des six premiers mois de l’année.  

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