En Belgique, gouverner n’est pas prévoir, et encore moins décider

Quand quatre ministres belges de l’Énergie nous jouent une farce énergétique…

Quand quatre ministres belges de l’Énergie nous jouent une farce énergétique… ©BelgaImage

Avec la bouffonnerie Galant ou la pantalonnade du RER, la politique de mobilité était déjà un chef-d’œuvre d’inertie à la belge. Mais nous avons produit une autre merveille d’enlisement: le “Pacte énergétique”, qui doit décider comment remplacer le nucléaire et organiser notre mutation énergétique pour les 50 ans à venir. Donc comment les ménages et les entreprises belges vont se chauffer, s’éclairer et faire tourner ce qui fonctionne à l’électricité, c’est-à-dire tout. Ceci bien sûr en réduisant nos gaz à effet de serre de 35 %, pour lutter contre le réchauffement climatique. Rappel utile: la fermeture de Tihange et Doel, c’est pour 2025. Demain matin, donc. Vous en déduisez que ce “Pacte énergétique” vital et urgentissime mobilise nos gouvernants dans une sorte de priorité nationale. Ça devrait. Sauf qu’en Belgique, gouverner n’est pas prévoir, et encore moins décider. On y va très à s’naise…

Ne pas décider, c’est décider de prolonger notre antique nucléaire à microfissures.

Pour choisir et organiser un mix énergétique peu polluant, ils sont pourtant quatre ministres de l’Énergie: Marghem au fédéral, Crucke en Wallonie, Fremault à Bruxelles et Tommelein en Flandre. Qui, à sept ans et des rawettes de la sortie du nucléaire (déjà reportée de 10 ans), viennent de produire un “document de synthèse” destiné à “faciliter les arbitrages politiques” des uns et des autres. Oui, parce qu’en toute logique belgo-belge, chaque Région aura “sa” politique énergétique. Ce document est comment dire… Bien comme il faut si on a décidé de ne pas décider… Aucune vision globale, aucun choix, aucune donnée chiffrée, aucun agenda. Mais un catalogue d’incantations presque comiques. Du genre? Il faut “miser sur la réduction de la consommation d’énergie”. Nooon?! Et comment on y parvient? Ah, ‘y a pas… Du genre quoi, encore? Il faut un “développement maximal des énergies renouvelables”. Nooon?! Et lesquelles, à quel rythme? Ah, ‘y a pas non plus… En revanche, il y a la possibilité de réévaluer la sortie du nucléaire en 2025, si nécessaire. Voilà: ne pas décider, c’est décider de prolonger notre antique nucléaire à microfissures, qui paralyse la quasi-totalité des investissements dans les énergies renouvelables. On parie ? 

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