Violences obstétricales: « Madame, un vagin n’est pas fait pour accoucher »

Près de la moitié des femmes belges francophones disent avoir subi l’une ou l’autre forme d’agression lors de la naissance de leur bébé. Un véritable tabou médical auquel s’est intéressée une étude inédite.

Humiliations, gestes brutaux, actes médicaux imposés, utilisation d'un forceps (photo) lors des accouchements: les langues des femmes se délient. ©Reporters

Roxane a demandé à ne pas subir d’épisiotomie. Tout se passe bien. Son bébé est de taille moyenne, 2,9 kg. Le gynécologue déboule et empoigne les ciseaux. Stupeur. “Madame, un vagin ce n’est pas fait pour accoucher”, dit-il d’un ton péremptoire avant de couper le périnée de Roxane sans plus un regard pour elle. Le bébé de Myriam est né au forceps parce que, dit-elle, son accouchement (un premier bébé) avait “dépassé les huit heures réglementaires” et “il fallait libérer la salle”.

Marie, elle, fait des cauchemars en pensant à cette sage-femme qui s’est assise de tout son poids et sans explication sur son ventre au moment où son bébé naissait. “ C’est un geste qui se pratique dans l’espoir d’accélérer l’accouchement, explique une sage-femme. Mais si ça peut encore se comprendre dans des pays comme le Maroc où on n’a pas toute la sécurité du monitoring pour surveiller que le bébé aille bien, chez nous, c’est incompréhensible.” 

La gynécologue de Vinciane arrive pressée. Elle enfile ses gants et incise le périnée, tout souple d’ailleurs, avec un cutter pour créer une brèche en direction de l’anus. Normalement on fait une incision dite “épisiotomie” vers le côté pour éviter justement que ça ne se déchire vers l’anus. Elle termine par une délivrance manuelle du placenta dans la minute et qui n’était justifiée par aucune perte de sang. Alors que Vinciane avait été stoïque jusque-là, elle supplie la gynécologue d’arrêter de lui faire mal. Mais celle-ci continue à s’affairer dans son vagin sans en tenir compte. Le bébé est né complètement choqué, alors que son rythme cardiaque avant tout cela ne marquait aucune souffrance. Entre 65 et 70 % des mères belges francophones rapportent aujourd’hui une expérience difficile, voire dramatique, avec le corps médical lors de leur accouchement.

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