Violences obstétricales: 7 mères belges sur 10 concernées

Sept mères belges francophones sur dix disent avoir eu des difficultés avec le corps médical. La moitié d'entre elles parle de "violences obstétricales". Des chiffres inédits. Une réalité qui choque.

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Entre 65 et 70 % des mères belges francophones rapportent une expérience difficile, voire dramatique, avec le corps médical lors de leur accouchement. La moitié d’entre elles parle de “violence obstétricale”, ce qui recouvre des réalités très diverses: humiliations, gestes brutaux et actes médicaux imposés. Ce sont les chiffres d’une recherche-action unique et inédite sur les impacts de la maternité pour les femmes au XXIe siècle en Belgique francophone, menée par Vie féminine et toujours en cours.
Les résultats seront publiés prochainement dans leur intégralité par “”. “Cela va d’une forme d’infantilisation ou agression verbale jusqu’à l’épisiotomie opérée sans consentement. Les femmes rapportent beaucoup d’injonctions venues des médecins ou même de leur entourage dès le début de leur grossesse. Les mères se sentent effacées dans leurs besoins et ressenti”, explique Léa Champagne, experte au Centre d’expertise et de ressources pour l’enfance (CERE). Moustique a mené l’enquête sur ce véritable tabou qui a semé la polémique cet été en France et qui n’épargne pas, au contraire, la Belgique.

63% d’épisiotomies dans des maternités wallonnes

Un bon tiers (36 %) des femmes qui accouchent par voie basse (naturelle, sans césarienne) subissent une épisiotomie. Lorsqu’il s’agit d’un premier accouchement, ce nombre monte à 56%. L’intérêt de l’épisiotomie, qui consiste à inciser le vagin d’une femme au moment de l’expulsion de son bébé, est largement remise en cause par la littérature scientifique. Mais elle reste une habitude dans de nombreux hôpitaux belges. La proportion d’épisiotomies en Wallonie est bien plus élevée qu’à Bruxelles. Et si cette tendance est globalement à la baisse, elle varie très fortement d’une maternité à l’autre: de 12,9 % à 63 %. La proportion de césariennes varie, elle aussi, fortement d’une maternité à l’autre de 13,6 % à 31,2 %.

Pour en savoir plus, rendez-vous dans le Moustique de ce mercredi 4 octobre, ou dès midi sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

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