Monsanto: persona non grata au Parlement européen

Suspectés d’avoir influencé les évaluations de dangerosité du Roundup, les représentants de Monsanto sont officiellement interdits d'accès au Parlement européen. 

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Ce n’est pas un canular, mais les créateurs de l’Agent Orange ont dû rire jaune. « La Conférence des Présidents vient de décider à l’unanimité, à l’initiative des Verts/ALE, de suspendre jusqu’à nouvel ordre l’accès au Parlement européen des employés de Monsanto« , a annoncé le coprésident des Verts, le Belge Philippe Lamberts, sur sa page Facebook ce jeudi.

Le géant américain de la chimie, qui produit notamment le glyphosate, avait été invité à venir s’expliquer devant la commission Agriculture du Parlement européen. Mais dans un courrier envoyé mi-septembre, les responsables de l’entreprise avaient décliné l’invitation, arguant que l’hémicycle européen n’était pas le lieu où discuter de tels sujets.

Copier-coller douteux

Monsanto est notamment accusé d’avoir influencé les évaluations de dangerosité du Roundup, son désherbant qui contient du glyphosate. En 2015, un rapport de l’Union européenne avait conclu à la non dangerosité du glyphosate. Mais selon The Guardian et Le Monde, une centaine de pages du rapport de l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) sur le glyphosate ont été directement copiées-collées à partir d’un document édité et déposé par Monsanto.

Une molécule polémique

Si la paternité du glyphosate lui en revient, Monsanto n’est plus la seule société à produire cet herbicide total. Tombé dans le domaine public, il est produit par plus de 40 sociétés. On comptait en 2016 au moins 300 désherbants à base de glyphosate. C’est l’herbicide le plus utilisé au monde, dans l’agriculture mais aussi par les particuliers, sur les terrains industriels et les voies ferrées pour éviter les incendies. Mais en 2015, le glyphosate a été classé comme « cancérigène probable » par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). 

La confusion est totale

La licence européenne du glyphosate expire fin 2017. Début octobre, l’Europe doit trancher l’épineuse question: son utilisation, actuellement autorisée, sera-t-elle reconduite? Et si oui, pour combien de temps? En juillet dernier, la Commission européenne avait proposé de renouveler pour dix ans l’autorisation de l’herbicide. Son utilisation est actuellement interdite à Bruxelles, en Flandre et en Wallonie. Mais il reste autorisé à la vente.

 

 

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