Les abonnés de Moustique s’essaient à la «street photography»

Mi-septembre, Moustique a organisé un atelier photo en partenariat avec Fujifilm. Quelques-uns de nos lecteurs se sont lancés dans les rues de Bruxelles pour une séance de «street photography»... 

Les abonnés de Moustique s’essaient à la «street photography»

Le jour, il est enseignant en informatique. Mais la nuit, Michel mitraille les étoiles, les planètes et les constellations. Comme lui, les sept lauréats du concours Moustique/Fujifilm sont des passionnés affichant pour certains plus de quarante ans de prises de vues. Venus chercher des conseils techniques auprès de Ioannis Tsouloulis, photographe professionnel et ambassadeur Fujifilm, ils ont pu s’adonner, pendant trois heures, à la photographie de rue. 

En street photography: pas de règles, pas d’interdits, pas de limites. Juste une attitude: rester discret. «Je porte toujours un appareil en bandoulière, sous le manteau. Avec une focale fixe. Juste au cas où…», explique Ioannis Tsouloulis, le maître du stage. Mais attention: dans la rue, il faut toujours respecter le droit à la vie privée. «Souvent, les gens ont tendance à photographier de loin avec un gros zoom. Ce qui donne une attitude très intrusive et voyeuriste. Mon conseil: essayez d’établir un contact visuel avec votre modèle. C’est beaucoup plus intime comme comportement et ça vous évitera un tas d’ennuis.» 

On quitte notre refuge du jour, le Zoom Hotel, qui affiche sur ses cimaises les photos de talents émergents. Appareils en bandoulière, on se faufile dans les ruelles de Bruxelles. Direction: le Grand Sablon et le discret parc d’Egmont. Sur l’esplanade du Palais de Justice, Jean-Marie est à l’affût. Son regard guette les moindres faits et gestes des passants. On le sent hyper-concentré. «Pour moi, la photo, c’est surtout une question d’instant. Si on n’est pas attentif, on risque de voir s’échapper l’essentiel. Il faut rester concentré.» 

L’œil électrique

Dans l’œil du photographe, la ville est comme une rivière qui coule. «Soudain, quelque chose surgit et vous le capturez. Tout ce que vous voyez désormais a une signification», glisse Ioannis, le maître de l’atelier. Michel, lui, s’est trouvé un thème inédit: le jaune. Et quel jaune! Tantôt, il traque la couleur sur les murs, tantôt, il la surprend autour du cou d’une jeune fille… «C’est ce qui me plaît avec la street photography: la rue est un ballet et le chorégraphe c’est le photographe qui bouge en fonction de son instinct. Quelque chose arrive, et clic!», confie Michel. Résultat: des dizaines de photos où règnent le flou, le bougé, le décadré, la violence des contrastes, l’agitation chaotique de Bruxelles. 

Les clichés sont beaux, alors, on finit par se prendre nous-même au jeu. On observe le monde d’en haut, celui des façades, des balcons qui paraissent soudain «exploser de détails». Et le monde d’en bas, celui des flaques d’eau, des pavés, des détritus. Une cannette surgit des fougères? Clic. Une bouteille éclatée en milliers de sanglots? Clic. On traque la lumière, l’improbable, l’inédit. Au détour d’une rue, on s’arrête sur le crépuscule d’une sauce andalouse, qui raconte une certaine «belgitude» plus que la capture d’un instant. Re-clic.

 

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Pourquoi ces moments invisibles deviennent importants? «Parce qu’ils racontent une histoire, explique Ioannis. Quand je donne un cours ou un atelier, je ne parle ni technique, ni séries, rien de scolaire. Je dis aux participants: Faites confiance à votre instinct! Vous êtes ici pour trouver votre identité pas pour être un meilleur photographe. Il faut qu’on reconnaisse votre signature, la photo doit avoir quelque chose de vous. Voilà ce que la photo vous apprend: à parler, à être présent dans le moment. Et tout le monde y arrive.»

Le maître de l’atelier a convaincu: «Ioannis est très compétent et, de plus, son bagou et son côté rider rock and roll lui vont très bien, commente un des participants, Rafael Medeiros. Si une autre occasion se présente pour moi de faire des prises, ce sera avec un immense plaisir.» 

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