Les «écolos» planifient aussi l’obsolescence

Remplacer ses appareils par des modèles plus durables n'est pas forcément mieux pour la planète. Surtout quand les marques font du greenwashing.

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L’obsolescence écologique consiste à persuader les consommateurs de délaisser un produit encore fonctionnel pour un nouveau modèle plus respectueux de l’environnement. Cette désuétude incite ainsi les consommateurs à remplacer une vieille ampoule particulièrement énergivore pour une LED, une voiture Diesel pour un véhicule électrique ou sa machine à laver pour un modèle plus durable. Théorisée par le Centre européen des consommateurs en son temps, cette désuétude est planifiée dans le sens où elle est encouragée par diverses organisations et associations, mais aussi parfois par les gouvernements, notamment grâce à des avantages fiscaux.

Cette lutte en faveur des produits durables est paradoxale. Bien que les études manquent, on peut légitimement se demander ce qui est le plus néfaste pour la planète: renouveler ses produits à chaque nouvelle innovation écologique afin de polluer moins à la consommation, mais accepter d’utiliser toujours plus de matières premières, parfois extraites grâce à des méthodes néfastes, et produire toujours plus de déchets qui, on le sait, ne sont pas tous recyclés? Ou user nos vieux appareils, certes imparfaits sur le plan écologique, au maximum et ne les renouveler que deux à trois fois sur une vie?  

IPhone et Fairphone, même combat?                                          

Pour ne rien arranger, les entreprises récupèrent cette obsolescence écologogique en faisant du greenwashing. Apple, par exemple, a annoncé son intention de produire des appareils 100 % recyclés, sans donner d’échéance. L’entreprise a dans la foulée créé une version « green » de son logo en coloriant son pédoncule en vert. Or, à ce stade, les produits Apple ont peu de matériaux durables. Certaines entreprises s’inscrivent plus clairement dans la lutte contre l’obsolescence programmée et écologique. C’est le cas du constructeur néerlandais du Fairphone. Ce smartphone Android est censé être éternel, car tous les composants sont remplaçables et le matériel peut évoluer au rythme des mises à jour. Sauf que les impératifs économiques semblent rarement faire bon ménage avec la protection de l’environnement. Ainsi, quatre ans seulement après sa sortie, la première génération du Fairphone n’était déjà plus réparable, faute de composants, et le logiciel n’est plus mis à jour. Le second modèle sorti en 2016, lui, l’est encore. Mais le fondateur de l’entreprise a annoncé l’arrivée début 2018 du Fairphone 3, à peine deux ans après la sortie du 2…

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