Laurette Onkelinx: « Si je ne trouve rien d’autre, je ferai du bénévolat”

Laurette Onkelinx a annoncé son départ de la vie politique. Ses convictions restent intactes et elle préfère ne garder que de bons souvenirs de sa flamboyante carrière. Mais quelque chose s’est cassé chez la pasionaria socialiste.

Laurette Onkelinx ©BelgaImage

Ce sera sa dernière interview. “Avant très longtemps, dit-elle. Je vais me faire oublier”, elle l’assure. Elle se dit “joyeuse”. Laurette Onkelinx secoue son épaisse chevelure, passe une mèche derrière une oreille et rit sans raison. Elle commande un artichaut qu’elle va déguster en ouvrant son cœur. Elle parle de ses trois enfants, adoptés, parce qu’elle n’imaginait pas sa vie sans enfant. Et puis son“mari Marc” (Uyttendaele) qui est aussi “un homme public comme elle”. Mais c’est “sa vie privée”, elle a “toujours séparé” et il (Marc Uyttendaele) a travaillé pour “tous les partis”. De toute façon, “ce n’est pas le sujet”.

La pasionaria socialiste déroule le fil des raisons qui l’ont menée à sa décision. Il faut comprendre qu’il n’y a là rien de précipité qui ferait suite aux affaires qui ont frappé en particulier le PS bruxellois avec le Samusocial et la chute d’un de ses proches, Yvan Mayeur. Elle ferme la porte à ses détracteurs qui parlent d’un faux départ. Elle bat des cils quand on lui dit que c’est une étrange chose que d’assister en direct aux éloges de toute une vie, un peu comme on le ferait pour une personne décédée. Elle ne garde à peu près qu’un seul très mauvais souvenir, celui de son mandat comme ministre de l’Enseignement. Et son cauchemar, ce sont les coups que ses enfants ont pu prendre à cause d’elle. Elle est fière, en revanche, d’avoir géré l’emploi, sauvé la sécurité sociale plus d’une fois, poussé de véritables avancées éthiques. Elle restera pour toujours “une femme de gauche”. Un rayon de soleil passe par la fenêtre du restaurant. 

En annonçant votre départ de la vie politique, le mercredi 13 septembre, vous aviez les larmes aux yeux.

Laurette ONKELINX – Il y a des moments dans une vie où on a envie de changements. J’ai envie de changement. De me mettre en danger. De connaître un autre horizon, d’autres sensations. De travailler selon mes convictions mais d’une manière différente. Ça me rend joyeuse. Comme quand j’étais jeune et que je me suis lancée comme avocate, puis députée. Je recommence un nouveau job. Mais sur le moment même, j’ai été surprise par mon émotion. J’ai vu redéfiler ma vie. C’est trente ans de souvenirs à n’en plus finir qui m’ont donné les larmes aux yeux. Et puis, j’ai pensé à mon entourage qui a été en ligne de mire depuis des années. C’est tout ça comme émotions. Mais le bonheur d’avoir pris cette décision ne me quitte pas. 

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