AVC: protégez les femmes!

Elles sont plus concernées que les hommes par les accidents vasculaires cérébraux. une récente recherche interpelle! L'AVC est devenu la première cause de mortalité chez la femme dans le monde

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L’incidence de l’AVC en Belgique est estimée à 19.000 cas par an. Il représente la première cause d’invalidité chronique dans les pays développés. Récemment, dans Nature reviews Neurology, Charlotte Cordonnier de l’Inserm en France a coordonné une revue des publications internationales. Les conclusions appellent à une meilleure prise en charge des femmes face au risque d’AVC : généralement moins informées des dangers que les hommes, elles doivent en outre composer avec des facteurs de risque non négligeables : l’hypertension , la fibrillation auriculaire (double le risque d’AVC par rapport aux hommes), la contraception orale associée au tabagisme sans oublier l’anxiété (stress, dépression et/ou migraine). A cela s’ajoute d’autres marqueurs de leur vie comme la grossesse et la ménopause qui peuvent bousculer leur profil vasculaire. L’enquête menée a aussi montré que les femmes étaient sous représentées dans les essais cliniques concernant les AVC. Un constat qui appelle une évolution rapide à ce niveau des autorités compétentes et des sociétés pharmaceutiques.

Les gestes qui sauvent

Que faire face à un AVC ? Le Dr Joachim Schulz, chef du service de Neurologie du CHU Saint-Pierre rappelle l’importance de la réactivité face aux symptômes principaux: réagir vite, et appeler le 112. ( www.reconnaitreunavc.be). «La paralysie, des troubles de langage, la perte de vision et des troubles d’équilibre sont les symptômes les plus fréquents.» Les AVC hémorragiques (20%)  et les AVC ischémiques (80%) sont traités d’une manière très différente. « Cliniquement nous ne pouvons pas les distinguer. C’est la raison pour laquelle il est indispensable d’effectuer une imagerie cérébrale avant le traitement. En général un CT-scan suffit.»

Idéalement pour la prise en charge, il convient de se rendre dans un hôpital avec une Stroke Unit. «Des urgences avec des neurologues et radiologues appelables 24/7, un « protocole AVC » qui garanti qu’on ne perd pas du temps, imagerie 24/7, accès aux spécialistes supplémentaires comme cardiologues, neurochirurgiens ou chirurgiens vasculaire, une équipe médicale et paramédicale multidisciplinaire formée spécifiquement pour les AVC, des lits monitorisés et dédiés pour les patients AVC, etc…. »

Vient ensuite la revalidation. «Même après une revalidation, la moitié des patients garde un déficit et un tiers a besoin de l’aide dans la vie quotidienne après un AVC.» L’espoir réside aussi dans la récupération : «La probabilité de profiter d’un traitement d’un AVC aigu descend linéairement pendant les premières heures, c’est pour cela que chaque minute jusqu’au traitement compte.  Mais la récupération dépend aussi du type, la taille, la localisation et d’autres circonstances de l’AVC.»

Enfin, le risque de faire un AVC double « chaque 10 ans après l’âge de 45, trois quarts des cas dans les personnes à plus que 65 ans. Mais il ne faut pas oublier qu’un AVC peut arriver à chaque âge, même chez les enfants.» conclut le Dr Joachim Schulz.
 

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