Tourisme: le revers de la médaille islandaise

L’Islande attire des millions de touristes. Sauf que cette opportunité économique met en péril sa biodiversité. Le gouvernement commence à réagir, mais certains dégâts sont déjà irréparables. 

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Une route, une seule, la N1, qui encercle le pays sur 1.339 kilomètres, suffira à vous convaincre de la beauté et de l’unique diversité environnementale islandaises. Même sans s’aventurer dans la région peu accessible des fjords du nord-ouest, les couleurs des paysages changent aussi vite que l’allure des chevaux indigènes, capables de traverser les rivières gelées et les glaciers à des vitesses atteignant les 48 km/h. En quelques minutes à peine, il est possible de délaisser un horizon blanc et froid pour des montagnes aux chaleureuses couleurs d’automne; de renoncer à la noirceur des volcans pour le reflet bleuté des océans; de fuir la puissance des chutes d’eau pour de sulfureux bains naturels plantés au milieu de nulle part comme au Blue Lagoon ou, plus agréable car moins fréquenté, au Jardbodin vid Myvatn. 
 
Par endroits, les voyageurs se font rares. Mais la quiétude ambiante au sommet du Valahnúkur (458 mètres), à Thórsmörk dans le sud, ou du volcan rouge Krafla (818 mètres), près du lac Myvatn dans la région du nord, décline aussi vite que le relief. En Islande, la nature n’est plus la seule à dicter sa loi. Depuis l’éruption volcanique de l’Eyjafjallajökull en 2010 qui a paralysé le trafic aérien en Europe et partiellement en Amérique du Nord, le Pays de glace a conquis le cœur des touristes. En sept ans, leur nombre a grimpé de 488.000 à 2,3 millions, selon les chiffres provisoires pour 2017, soit une croissance de 20 à 30 % par an. Les Islandais ont sauté sur l’occasion. La compagnie aérienne nationale Icelandair la première, afin de faire de l’aéroport international de Keflavik un point de passage entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Les compagnies low cost – WOW air depuis la Belgique – s’y sont également précipitées. Le tourisme est ainsi devenu pour la première fois cette année l’activité économique principale du pays. Représentant 23 % du PIB, elle supplante les secteurs traditionnels de la pêche et de la production d’aluminium. 

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