L’islam: la question d’aujourd’hui

Entre la religion musulmane et le radicalisme religieux, gare aux amalgames. Car il y a aussi un “islam des Lumières”. Sauf que nous avons l’impression que les fidèles glissent dans l’obscurantisme. Le point, avant l’ouverture à Bruxelles d’une exposition déjà très discutée.

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Le 15 septembre, à Bruxelles, l’exposition L’islam, c’est aussi notre histoire! ouvrira ses portes à l’Espace Vanderborght. Nécessaire, voire courageux, dans le  contexte des tensions actuelles? Ou inconscient, et même provocateur, précisément pour les mêmes raisons? L’argument du contexte, le Musée de l’Europe, organisateur de l’événement s’en défend. Il ne s’agirait en aucun cas d’une exposition de circonstance. Cela ferait d’ailleurs dix-sept ans que l’idée ne cesserait d’ailleurs de hanter l’esprit les membres de l’association, affirme l’ASBL en introduction de l’événement.

Reste que raconter douze siècles de présence musulmane en Europe n’est pas anodin aujourd’hui. 

Sur les plateaux de télévision, on nous répète qu’il ne faut pas confondre “islam” et “islamisme”. On sent parfois comme une réticence à employer certains termes. Ainsi, un ancien patron de la lutte antiterroriste français quittait récemment un studio en pleine édition spéciale “attentat Barcelone” pour marquer son étonnement face à la difficulté à “nommer l’ennemi”, l’islamisme. La critique de l’islam est un sujet qui fâche toujours, en 2010 comme en 2017. L’hiver dernier, l’éditeur français d’un essai de Hamed Abdel-Samad, Le fascisme islamique, avait renoncé à publier l’ouvrage pour raisons de sécurité. 

Nous avons voulu questionner la religion musulmane pour une fois sans évoquer les attentats islamistes. Cela ne nous préservera pas d’être accusé de susciter des “amalgames”. Tant pis. Ce principe de précaution éteint tout dialogue. Or la bonne volonté générale devrait non pas imposer le silence, mais travailler à un islam européen où coexisteraient religion personnelle et droit universel. Au moment où une grande exposition va montrer à Bruxelles tout ce que la culture islamique a apporté au monde, on veut redire que, bien sûr, l’islam n’est pas en soi une source d’oppressions et de violences, mais ne pas s’empêcher de constater que, ces dernières années, il a pris un tournant conservateur qui désole parfois les musulmans eux-mêmes. Le fossé s’est creusé. D’un côté à cause de la peur, de l’autre à cause d’une influence religieuse rigoriste qui prend le pas sur l’apaisante transmission familiale. Nos institutions étatiques, donc laïques, n’ont pas voulu s’en mêler, laissant l’inquiétant Conseil des théologiens nommer sans contrôle les imams, un Conseil uniquement constitué d’hommes arabophones. Mais ces choses vont changer. Pour l’expliquer, nous avons donné la parole, une parole très libre, (quasi) uniquement à des musulmans

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