Sida: où en sommes-nous?

Si on ne guérit pas du sida, on n’en meurt plus. Grâce à la trithérapie, la maladie a changé de visage.

Reporters

Les chiffres

Dans son dernier rapport mondial, Onusida annonce que 19,5 millions de contaminés sont en vie grâce aux traitements. Plus de la moitié des personnes porteuses du VIH (53 %) ont accès à ces traitements. Le taux de mortalité due au sida a été divisé par deux depuis 2005. Chez nous, le sida a tué – entre 1998 et 2014 – entre 30 et 70 personnes par an. En Belgique, deux populations doivent être plus vigilantes: les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) et les personnes qui ont contracté le virus via des rapports hétérosexuels et provenant de pays d’Afrique subsaharienne. 

Les trithérapies

Le grand virage médical pour le sida se situe en 1996 avec l’arrivée de la trithérapie. Au fil des ans, les effets indésirables de ces médicaments ont fortement diminué et les défenses immunitaires des patients se sont améliorées. Grâce à cela, le sida est désormais vécu comme une maladie chronique.La trithérapie permet de faire baisser la charge virale, c’est-à-dire la quantité de virus dans le sang. Les malades ont retrouvé l’espoir de relations durables. Le risque de transmettre le VIH à son partenaire sexuel se réduit, même si les spécialistes conseillent toujours aux couples sérodifférents d’utiliser des préservatifs lorsqu’ils ont un doute sur l’observance de leur traitement. Le prix de la trithérapie varie entre 1.000 et 1.500 € par mois en    Belgique. Il faut y ajouter le coût du suivi chez un médecin et les analyses sanguines régulières. La trithérapie est actuellement remboursée entièrement en Belgique.

Le Truvada

Cette pilule (du ténofovir (Viread) et du FTC (emtricitabine, Emtriva) permet de ralentir la réplication du VIH. Le médicament incite les cellules infectées par le VIH à cesser la production de nouveaux virus. À ce jour, toutefois, le Truvada ne permet pas de guérir et ne doit pas se substituer au préservatif. Avant le 1er juin 2017, en Belgique, le Truvada était déjà remboursé pour traiter les enfants de plus de 12 mois infectés par le VIH et pour traiter les nouveau-nés dont la mère est infectée par le VIH (qu’il soit ou non infecté par le VIH). Désormais, l’assurance soins de santé rembourse ce médicament pour prévenir l’infection par le VIH dans le cadre d’une prophylaxie pré-exposition (PrEp). Cette nouvelle mesure s’adresse aux adultes non infectés mais à haut risque d’infection par voie sexuelle. Dans le cadre de la PrEp, le patient prend une pilule de Truvada avant et après une relation sexuelle à risques. À quelles conditions l’assurance rembourse-t-elle ce médicament? “Le patient doit être adulte, non infecté par le virus VIH et à haut risque d’infection par voie sexuelle, précise-t-on à l’Inami. Par ailleurs, le médecin prescripteur doit être un spécialiste attaché à un Centre de référence sida ayant conclu une convention de rééducation fonctionnelle avec l’Inami. Il doit s’engager à   participer à l’enregistrement des données de suivi dans le registre, à organiser des visites de suivi du patient tous les 3 mois et à effectuer les autres tests recommandés (syphilis, gonorrhée, chlamydia, hépatite C). L’autorisation de remboursement est valable 12 mois maximum.” Ce médicament s’accompagne d’effets secondaires importants et le dialogue “médecin-patient” doit   évaluer le rapport bénéfice/risque du traitement prophylactique. 

Les traitements

Les professionnels du VIH rappellent souvent le rôle du préservatif et celui de la bonne observance de son traitement. Actuellement, des recherches sont menées sur d’autres produits. La société française Abivax a testé un  médicament qui servirait à détruire les cellules réservoirs où se dissimule le virus. Il pourrait venir en complément de la trithérapie. 

Le vaccin

En matière de vaccins, deux nouveaux sont à l’étude. Le premier: celui de la société belge Janssen Vaccines & Prevention et  National Institute of Allergy & Infectious Diseases. Le deuxième: celui de Sanofi et GSK. Dans les deux cas, les résultats sont attendus pour 2021. 

Le risque mère-enfant

Aujourd’hui, dans le monde, près de 76 % des femmes enceintes porteuses du VIH ont eu accès à des médicaments antirétroviraux en 2016, soit une augmentation de 47 % depuis 2010. Seulement 43 % des enfants porteurs du VIH ont accès au  traitement antirétroviral contre 54 % d’adultes. Et chez nous? Chez la femme enceinte dont l’état de santé ne justifie pas de soins, un traitement contre le VIH est mis en place entre la 14e et la 26e semaine de grossesse, pour réduire le risque de transmission au fœtus. En effet, la transmission du VIH d’une mère séropositive à son enfant intervient généralement lors du dernier          trimestre de la grossesse et essentiellement lors de l’accouchement. Si la mère prend un traitement antirétroviral pendant la grossesse, le risque de transmission est de 0,54 %.

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