Une pétition pour libérer Loup Bureau, reporter détenu en Turquie

Loup Bureau, reporter français indépendant de 27 ans, est détenu en Turquie depuis le 26 juillet. Il a été mis en examen par les autorités turques, soupçonné d'appartenir à une «organisation terroriste armée». Un comité de soutien Facebook et une pétition ont été lancés hier.

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Alors qu’il se trouvait à la frontière iraco-turque, Loup Bureau été arrêté  suite à la découverte de photos le montrant aux côtés de combattants kurdes syriens appartenant à l’YPG (unités de protection du peuple), proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Les autorités turques sont également tombées sur un reportage réalisé par le jeune journaliste en 2013 sur cette même organisation considérée comme terroriste par la Turquie. Les camarades et proches de Loup ont décidé de faire du bruit afin d’obtenir sa libération. Ils ont crée un comité de soutien sur Facebook, likée par plus de 3400 personnes et mis en place une pétition, qui ce mardi à 17h a déjà obtenu 14 000 signatures.

Pour rejoindre le comité de soutien à Loup Bureau: https://www.facebook.com/FreeLoupBureauTurkey/

Pour signer la pétition afin de réclamer sa libération ainsi que celle de tous les autres journalistes turcs: http://bit.ly/2hBz9wo

Pour relayer l’actualité en lien avec Loup Bureau, n’hésitez pas à partager et à suivre le hashtag #FreeLoupTurkey

Une histoire qui se répète

Son avocat Me Martin Pradel a commenté son arrestation, cité par le comité de soutien: «La seule raison pour laquelle Loup Bureau a été interpellé, c’est parce qu’il est journaliste». Nous venons également d’apprendre que les autorités turques ont demandé que Loup soit transféré de la prison de Sirnak à Van. Les deux lieux sont à 9 heures de route, son avocat sur place, mandaté par Me Pradel, ne pourra donc pas le voir ce qui rend sa défense encore plus difficile. Le comité de soutien appelle le gouvernement français à réagir au plus vite.

En mai dernier, le photographe français Mathias Depardon a été retenu un mois en Turquie. Après avoir découvert certaines de ses photos en lien avec le PKK, il a été soupçonné de «propagande terroriste». Le pays n’aime pas la presse et le fait bien savoir. En plus des reporters étrangers, plus de 160 journalistes turcs y sont emprisonnés. Devenue la «plus grande prison du monde pour les journalistes» selon Reporters sans frontières, la Turquie ressert ses rangs et instaure une véritable censure des médias.

Oui à la liberté de la presse

Loup Bureau est un passionné et a déjà travaillé dans plusieurs pays en conflit. Il fait partie de ces journalistes qui ont besoin d’être proches des populations pour pouvoir rapporter ce qu’ils vivent le plus réellement possible. Reporter de guerre, un métier dangereux, mais nécessaire. Syrie, Egypte, Pakistan, Afghanistan, Ukraine, «La plupart de ses reportages portent sur la vie des gens dans des zones frontalières», confie son père, Loïc Bureau au Monde. Alors que la Turquie tente de dissuader les journalistes de faire leur travail en prétextant des chefs d’accusation liés au terrorisme, il est aujourd’hui important de se mobiliser via la pétition lancée à cet effet. Pour Loup Bureau, mais aussi pour tous les autres journalistes enfermés et accusés à tort d’actes qu’ils n’ont pas commis.

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