Ils ne voient jamais le médecin

En Belgique, plusieurs dizaines de milliers de personnes ne consultent jamais un médecin, même quand elles sont malades. Le “Médibus” de Médecins du Monde offre des consultations gratuites aux plus précarisés.

Souffrant de douleurs aux pieds, Frédéric, SDF, est soigné à proximité de son squat. ©Olivier Pirard

Le soleil tape sur les voies de chemin de fer. Les quais sont déserts. Jessica Scanderberg et Laurence Przylucki en profitent pour descendre discrètement le long des rails et marcher vers la maison en briques brunes qui se trouve de l’autre côté. Les carreaux cassés témoignent de l’état de délabrement du bâtiment. Un chaos indescriptible règne à l’intérieur. Une seringue et du papier aluminium brûlé traînent sur le sol.

Depuis de nombreuses années, cet ancien entrepôt de la SNCB est squatté par des toxicomanes de la région qui viennent y consommer leurs produits au calme, et à l’abri des regards indiscrets. «On n’a pas vraiment le droit d’être ici», avoue Jessica Scanderberg. «Tous les lundis, nous faisons le tour de ce type de squats pour voir s’il y a des gens. Nous leur signalons la présence du Médibus sur la place, au cas où ils voudraient venir nous voir plus tard.»

Dans la pièce du fond, quatre personnes sont occupées à fumer du crack. La situation est un peu délicate, notre présence n’est manifestement pas souhaitée. Jessica et Laurence décident de ne pas s’attarder et leur indiquent rapidement l’adresse du stationnement avant de s’éclipser. Ils y passeront peut-être plus tard, un autre jour, ou jamais. L’important, c’est que l’information soit passée. Les liens peuvent  mettre un certain temps à se tisser.

Pour découvrir la suite de l’article, rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

Sur le même sujet
Plus d'actualité