Paul Dujardin, l’homme derrière BOZAR

C’est un conte de fée des temps modernes. Ce fils de boucher, qui dirige depuis quinze ans le Palais des Beaux-arts à Bruxelles, raconte son enfance, son père, ses rêves et ses vacances.

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Il a soif. Il se lève. Il se rassied. Il croise ses longues jambes, les décroise, jette un œil sur son smartphone. Sur sa vision, sur son Palais des Beaux-arts qu’il a rebaptisé BOZAR à son arrivée, il est intarissable. Il accompagne son discours de grands gestes, passe d’une idée à l’autre sans reprendre son souffle. Puis, le directeur de BOZAR pose ses gros binocles noirs sur la table. Les yeux bleus de Paul Dujardin pétillent. 

Comment êtes-vous arrivé là où vous êtes aujourd’hui? Vous êtes très europhile et très bruxellois.

Paul Dujardin. Très Belge. C’est grâce à notre pays qui est un des modèles de l’État-providence de l’après Seconde Guerre mondiale. Je suis un produit de ce que les hommes et les femmes politiques ont voulu pour ce pays depuis cent ans. Un enfant de la classe moyenne. On paie d’ailleurs un peu le prix de ça aujourd’hui. La classe moyenne est devenue plus conservatrice, moins entreprenante. Ils sont plus prudents. Moi j’ai eu un très beau parcours d’enfance et j’ai eu de belles opportunités dans les années 60-70 avec mai 68. 

Votre père était boucher…

Mes parents et grands-parents étaient des paysans, puis se sont lancés dans le marché de bétail et la boucherie. Mon père et ma mère étaient de 1920. Ils ont travaillé, ils sont partis de rien. Avec une formation modeste mais ambitieuse, mon père a donné à ses enfants l’occasion de faire des carrières. Je fais partie de la première génération qui a pu aller dans une université qui accueillait la classe moyenne, l’ULB-VUB à Bruxelles. Pour moi c’était une chance incroyable. Maintenant, ça se passe en Chine ou au Brésil où c’est une vraie opportunité d’aller dans les universités. 

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