Allergies, l’épidémie silencieuse qui nous menace tous

On est aujourd’hui allergique aux pollens, aux poils de chat, au gluten, au soleil et même bientôt…  à la viande. Dans dix ans, un Belge sur deux sera touché par ce phénomène unique dans l’histoire de l’humanité.

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Nous en sommes à la quatrième phase et c’est désormais le continent européen qui est menacé. Les allergies nous ont atteints par vagues successives depuis le début des années 60. Pour l’heure, la quatrième vague s’étend aux États-Unis. C’est une allergie très spécifique aux viandes de bœuf, de porc, de mouton, … toutes sauf le poulet. Cette allergie touche particulièrement les personnes qui vivent près des forêts. 

Il s’agit d’une tique qui pique les animaux de forêt comme les daims ou d’autres animaux. Quand cette tique pique un humain, il contamine son sang avec le sang animal. “Une réaction de rejet se produit qui se traduit par une allergie à une enzyme appelée alpha-gal. On commence à en voir en Belgique. Aux États-Unis, c’est devenu une des allergies les plus sévères chez les adultes”, explique le professeur Olivier Michel, chef de la clinique d’immuno-allergologie de Bruxelles, la seule clinique de ce genre en Belgique, abritée au CHU Brugmann. 

Les allergies font désormais partie des plus grands maux de la civilisation occidentale, avec le diabète et l’obésité. Ces dernières années, on peut parler de véritable explosion. Dans les années 70, à peine 5% de la population en était atteinte. Une personne sur trois est aujourd’hui concernée par un problème d’allergie. Les allergologues prévoient que dans moins de dix ans, une personne sur deux sera allergique. Le pourcentage a doublé en 15 ans dans nos pays industrialisés. Et pire encore, les allergies deviennent de plus en plus sévères et persistent désormais plus longtemps. Pourtant, près de la moitié des allergies ne serait pas diagnostiquée en tant que telle. 

Première vague après le choc pétrolier

La première vague a démarré dans les années 60 avec le rhume des foins. Seules les classes favorisées étaient touchées. Les classes moyennes ont suivi, entraînant une seconde vague. À la fin des années 70, une épidémie d’asthme provoquée par des acariens est apparue. Ce serait lié au premier choc pétrolier. On prend alors conscience que l’énergie coûte cher. On se met à isoler les habitats pour les rendre imperméables. À l’intérieur, l’humidité augmente et fait pousser des moisissures et proliférer des acariens. “On pense que ça vient de là, note le professeur Michel. À la fin des années 70-80, une épidémie de décès pour asthme est déclarée. Aujourd’hui, on ne meurt plus de l’asthme grâce à des traitements par inhalation de cortisone.” Mais nos habitations sont désormais dangereuses: meubles en kit ou sols stratifiés peuvent nous rendre malades.

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