Migrants: la parole des enfants

L’an dernier, près de 5.000 mineurs ont demandé l’asile en Belgique. Sema, Mamadou, Lijkat et Xhesmira racontent leur odyssée marquée par la peur, les abus de confiance et la maltraitance. Parfois sans même un parent pour les rassurer…

La parole des enfants ©Olivier Pirard

Le Centre d’accueil pour demandeurs d’asile “Le Merisier” à Fraipont dans la Province de Liège est un ancien complexe vacancier. Ce mercredi après-midi, sous un soleil de plomb, on s’y croyait encore. Pour fêter la fin des examens et la Journée mondiale des réfugiés, la Croix-Rouge a monté un atelier maquillage, apporté des casques de réalité virtuelle et fait venir un poney. Sema, 11 ans, s’en occupe avec douceur et bienveillance. Comme beaucoup d’enfants, elle aime les animaux. Elle apprécie aussi l’école – elle est dans une classe pour migrants – même si c’est plus pour les copines que pour les leçons. Arrivée du Kurdistan turc il y a plus d’un an, son français est déjà bon et son accent à peine audible. Ses parents sont fiers de ses progrès, dit-elle le sourire aux lèvres et les yeux étincelants. 

Les premières années de sa vie n’ont pourtant rien d’un conte de fées. Elle ne se rappelle pas le nom de sa ville d’origine. Elle ne se souvient que de sa grand-mère si gentille et attentionnée et des mouvements de panique dans le quartier. Apparu en 1984, le conflit kurde est plus vieux qu’elle. Elle le comprend peu, mais sait qu’il a fait des milliers de morts. “Avant notre départ, le bruit s’intensifiait dans le quartier. Papa disait que ça devenait dangereux. Il interdisait à mon frère, ma sœur et moi de regarder par les fenêtres, alors je ne sais pas vraiment ce qu’il se passait”, lance timidement la fillette. Le jour du départ, sa mère lui a conseillé de prendre les quelques affaires auxquelles elle tenait vraiment mais elle a préféré ne rien emmener, convaincue qu’elle retrouverait vite sa maison. Sur la route vers l’aéroport, à l’ombre des ruines des bâtiments détruits, ses espoirs se sont noyés dans les larmes de son père.

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