Filières spécialisées: que se passe-t-il avec la formation des enseignants?

Concours discriminatoires, syllabus erronés, questions pièges... Qu’est-ce qui ne tourne pas rond avec la formation des enseignants des filières spécialisées ?

Petits meurtres entre maîtres ©CÄäT

On vous l’annonçait déjà sur le site de Moustique. Il y a un mois, la Fédération Wallonie-Bruxelles programmait la première épreuve du concours destiné à régulariser et nommer les chefs d’atelier. Un poste d’enseignant à responsabilité que l’on retrouve dans les écoles techniques, professionnelles et spécialisées. Et les résultats sont tombés ce 14 juin. Après trois délibérations (!), les 85 professeurs sont tous busés à l’examen! Du jamais vu. Détails législatifs à connaître par cœur, manuels de cours erronés, mises en situation irréelles… Ces candidats multiplient les arguments en leur faveur. “Les formateurs ont survolé la matière et les exercices de l’examen ne pouvaient clairement pas être réalisés dans le temps imparti”, peste Annick Parlier, l’un des recalés. 

Est-il normal de plaisanter à ce point avec la carrière des profs ?

Sans parler des remontrances d’ordre plus général. Organisée par l’Enseignement de promotion sociale, la formation a ainsi été donnée à cinq endroits, mais l’évaluation n’a eu lieu que sur un seul site. À Fléron, près de Liège. Certains profs ont dû ainsi parcourir près de 200 kilomètres pour se rendre dans l’est de la Belgique à un examen fixé à neuf heures du matin. “Et je ne vous parle pas des locaux inadaptés ni de l’absence d’eau fraîche à disposition par cette chaleur suffocante. Ce qui est contraire à la législation sur la protection du travail. En outre, le règlement d’ordre intérieur stipulait que le taux de réussite était fixé à 50 %. Mais la grille reçue par la suite ne parlait plus de pondération mais de “UAA” (acquis ou non acquis). Ce qui implique une réussite de 100 %. Est-il normal de plaisanter à ce point avec la carrière des profs? Précisons que nous avons délaissé nos familles et bossé durant trois mois en plus de notre travail pour préparer cet examen.” La centaine d’enseignants ne comptent pas arborer longtemps leur bonnet d’âne. “Vous imaginez bien que si un prof de maths, par exemple, avait 100 % d’échec dans ses classes, il devrait en rendre compte à son chef d’établissement!”

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