Belgique: le retour du spectre de la sécheresse de 1976

Les nappes phréatiques s’épuisent, le secteur agricole s’alarme: les faibles pluies de ces derniers mois réveillent le spectre de la sécheresse de 1976.

Sécheresse ©BelgaImage 

On aura rarement eu aussi chaud en plein mois de juin. La vague de canicule passée, avec des pics à 35 degrés, il faut désormais parer au pire. Car si la phase de barbecues, de séances de bronzage et autres jeux nautiques avait certains avantages, elle a exacerbé un phénomène qui prend de l’ampleur depuis onze mois: la sécheresse. Cette dernière laisse les sols belges, et plus globalement européens, exsangues. Les mois de mars, avril et mai avaient déjà été particulièrement secs, la situation ne fait donc qu’empirer. 
Selon les prévisions, la Belgique pourrait connaître son plus gros épisode d’aridité depuis 1976. Une catastrophe pour les récoltes, le bétail et le fonctionnement général du pays. Et ce ne sont pas les petites pluies de cette semaine qui vont régler le problème. Résultat, en Flandre, l’utilisation non nécessaire de l’eau (arrosages, piscines) est interdite depuis jeudi dernier. Contrairement à la Wallonie, puisque le ministre de l’Environnement Carlo Di Antonio a indiqué dans un communiqué que tout était sous contrôle et que les mesures de restriction n’étaient pas encore nécessaires, tout en recommandant d’utiliser l’eau avec parcimonie.

Le prix du beurre explose

Le secteur agricole, lui, en revanche, tire la sonnette d’alarme. La récolte des céréales prévue pour fin juin-début juillet se présente mal, avec des champs de maïs qui ont brûlé sur pied, et d’autres cultures de colza et de blé qui accusent le choc. Même schéma du côté de l’élevage, puisqu’à cette époque-ci de l’année, les bêtes sont en pâturage. Or, l’herbe ne pousse pas ou difficilement et il faut donc leur fournir du fourrage en supplément. Des réserves qui ne sont pas extensibles et qui étaient prévues pour l’hiver. Les coûts de production et donc d’achat risquent de fortement augmenter, comme c’est déjà le cas du côté du secteur laitier, faute de nourriture adéquate pour le bétail: on assiste ainsi à une explosion du prix du beurre qui est passé de 2.500 à 5.000 euros la tonne. Quant aux arbres fruitiers, ils arborent des feuilles qui jaunissent et des fruits minuscules. Bref, c’est toute une filière qui fait la gueule. Selon le secrétaire général de la FWA, il faudra attendre les récoltes pour mesurer l’ampleur des dégâts.

Les barbecues sauvages

Enfin, le niveau des nappes phréatiques s’épuise également, suite à la vague d’anticyclones successifs chassant les perturbations vers le nord-est de l’Europe. Outre les pénuries d’eau évoquées, ce phénomène menace également de favoriser les incendies, comme ça a été le cas à Genk la semaine dernière. En tout, plus de trois hectares de landes ont brûlé malgré les efforts intensifs des pompiers qui sont restés plus de deux heures et demie sur place pour tenter de maîtriser les flammes. Les barbecues sauvages, notamment autour des points d’eau comme les lacs de l’Eau d’Heure, sont en nette augmentation et pourraient déclencher d’autres foyers.

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