« Fermer les centres de bancs solaires »

Le Conseil supérieur de la Santé (CSS) préconise une interdiction des bancs solaires ainsi que de tous les dispositifs émettant des UV artificiels accessibles afin de réduire le risque de cancer de la peau. Actuellement, en plus, de nombreux centres ne sont pas aux normes.

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Ces dernières décennies, de plus en plus d’éléments montrent que les UV, y compris ceux émis par les bancs solaires, agissent à la fois comme initiateur et promoteur du cancer de la peau. En Belgique, le Conseil supérieur de la Santé (CSS) préconise enfin une interdiction des bancs solaires ainsi que de tous les dispositifs émettant des UV artificiels accessibles afin de réduire le risque de cancer de la peau. Du côté de la Fondation contre le Cancer, on se réjouit de cette prise de position concernant l’interdiction des bancs solaires. « Déjà en 2012, on demandait que l’on arrête tous les bancs solaires commerciaux » explique Brigitte Boonen, experte prévention cancer de la peau à la Fondation contre le cancer. Elle reste toutefois réaliste : « A présent, cela dépend de la volonté des responsables politiques. Je ne crois pas qu’ils soient prêts à arrêter tous les bancs solaires. Pourtant, il en va d’une question de santé publique. C’est très cancérigène et surtout pour les jeunes femmes qui s’y rendent avec des peaux pas toujours adaptées. On doit protéger le consommateur. »

La Fondation contre le Cancer demande une interdiction suivie d’une suppression progressive. Pour elle, ces mesures doivent être assorties d’un étroit suivi et de mesures de soutien afin d’éviter l’apparition d’un circuit parallèle une fois l’interdiction effective. C’est ce processus qui a été mis en place en 2015 en Australie, après que le pays ait interdit les centres de bronzage. «Aujourd’hui, leur utilisation ne peut avoir lieu que dans un cadre médical pour des indications thérapeutiques précises » ajoute  Brigitte Boonen.

De nombreux grands organismes de santé publique considèrent la nature cancérigène des bancs solaires comme un fait avéré. « Ils sont d’accord sur de nombreux points, notamment le fait qu’utiliser des bancs solaires avant  35 ans augmente le risque de cancer de la peau de 75%, et que ce risque augmente à chaque usage. Un seul usage entraîne déjà un risque de mélanome accru de 20%. Chaque session supplémentaire l’augmente de 1,8%. On estime que les bancs solaires provoquent 10 000 cancers de la peau mélanomes et 450 000 non-mélanomes chaque année en Europe, aux Etats-Unis et en Australie. » précise la Fondation.

Le secteur est surveillé comme l’a rappelé récemment Kris Peeters le ministre de l’emploi au Parlement fédéral : « La dernière enquête auprès des centres de bronzage a montré de nombreuses infractions. » Quoi comme infractions ? Cabines non adaptées,  panneau d’avertissement manquant ou non conforme, pas d’instructions sur la sécurité, pas de produits de nettoyage, pas de lunettes protectrices, pas de mise hors circuit automatique en cas de panne, rayonnement UV trop élevé , pas d’adaptation de l’intensité et de la durée au type de peau, un accès autorisé aux mineurs et/ou aux personnes ayant le type de peau… « Une saisie conservatoire a eu lieu dans 55 centres de bronzage. Dans 31 cas, elle a porté sur l’intégralité du centre de bronzage. Dans les 24 autres, il y a eu saisie temporaire d’un ou de plusieurs bancs. Dans un cas, j’ai pris un arrêté ministériel par lequel une fermeture (définitive) a été imposé » précise Kris Peeters, le ministre de l’emploi.

Pour rappel, le cancer de la peau reste l’un des plus dangereux pour l’être humain.

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