« Le mélanome pas un cancer de vieux »

Chercheuse à l'Institut de Duve de l’UCL, Anabelle Decottignies et son équipe viennent de découvrir que le mélanome ne se développe pas comme la plupart des autres cancers. «Il touche plus les jeunes que les autres cancers et plus les filles que les garçons. La priorité est de se protéger du soleil. » 

 

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Une nouvelle découverte belge vient d’être publiée dans la prestigieuse revue scientifique Cell Reports. Anabelle Decottignies, chercheuse à l’Institut de Duve de l’UCL, la dévoile : « ce que l’on croyait vrai pour tous les cancers ne l’est pas pour le mélanome ; ce type de cancer semble pouvoir se développer à partir de cellules encore « jeunes ». Concrètement, cela veut dire que « si dans les autres cancers plus on est vieux, plus on a une probabilité d’avoir un cancer…pour le mélanome, les jeunes sont plus touchés. A partir de 15 ans, à 25 ans, à 40 ans… »

Des publics sont plus à risque : « L’attrait pour l’exposition au soleil est plus fort chez les filles que chez les garçons. Les personnes rousses et blondes et les peaux claires doivent également être plus prudentes. »

Le mélanome est, par ailleurs, un cancer qui ne se soigne pas bien : « Le pronostic vital, se le cancer n’est pas pris très tôt, n’est pas bon. Des visites de prévention chez les dermatologues sont donc des démarches à effectuer et il ne faut pas hésiter à y aller dès son plus jeune âge… si on a eu des « gros » coups de soleil notamment. »

Une recherche de 15 ans

Depuis plus de 15 ans, Anabelle Decottignies s’intéresse aux télomères, des structures qui se trouvent à l’extrémité de chacun de nos chromosomes. « Ces structures protègent l’extrémité des chromosomes mais dans certains cas, elles dysfonctionnent ce qui favorise le développement de cancer », explique la chercheuse UCL.

Pour mieux comprendre, une quinzaine de tumeurs collectées auprès de patients atteints de mélanome ont été analysées. Les résultats obtenus par les chercheurs de l’UCL expliquent que certaines personnes génétiquement programmées pour avoir des télomères plus longs que la moyenne des personnes du même âge, sont plus sujettes à développer un mélanome alors que, pour la presque totalité des autres cancers, c’est la situation inverse qui est observée. Des résultats confirmés par le groupe australien du Pr Roger Reddel, du Children’s Medical Research Institute de Sydney. Leurs travaux sont publiés dans la prestigieuse revue scientifique Cell Reports.

Anabelle Decottignies va poursuivre ses recherches mais son message est clair : « La priorité est de se protéger du soleil. » En cette période de chaleur intense et de rayons ardents, voici des mots qui comptent !

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