Logement: une guerre perdue d’avance?

Trouver un bien à louer ou à acheter n’a jamais été aussi ardu, surtout pour les bas revenus. Ils doivent alors occuper des biens de piètre qualité, voire dangereux. Les politiques tentent de limiter la crise, mais leurs mesures semblent insuffisantes.

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Cédric, 35 ans, est l’un d’eux. Ce père de deux enfants de 5 ans et 6 mois vit dans un appartement une chambre à Anderlecht, avec sa femme. Il doit assumer seul le loyer de 500 € par mois, sans les charges. Indépendant dans le secteur de la sécurité, il ne peut se permettre d’emménager dans un appartement plus grand et plus sain. Si le bien qu’il occupe semblait correct à son arrivée “malgré quelques traces d’humidité”, son état s’est depuis dégradé. “Des fissures sont apparues dans le mur de la chambre et arrivent maintenant dans le salon. Le locataire du dessous est parti, par peur que ça s’écroule. Le propriétaire était parti au Maroc pendant deux ans et il nous était impossible de le joindre. Des tuyaux dans la salle de bain ont également pété. J’ai dû le réparer à mes frais.” Face à l’absence de réaction du propriétaire, Cédric a pris un avocat pour être dédommagé, mais les procédures judiciaires sont longues et fastidieuses. “J’aurais pu prétendre à un logement social, mais on m’a dit que ça ne servait à rien de perdre mon temps, que les listes d’attente étaient longues et qu’en tant qu’indépendant, je ne serais pas prioritaire.”

Cédric est une des nombreuses victimes de la crise du logement. Celle-ci fait rage, avec des conséquences dramatiques dont le tragique incendie de la tour Grenfell, à Londres, la semaine dernière, a rappelé le potentiel dévastateur. Or, la situation belge n’est pas plus rassurante. D’ailleurs, des    drames de ce type se sont déjà produits chez nous. Les résidents du Foyer Schaerbeekois s’en souviennent. En janvier dernier, le feu avait pris au quatrième étage de l’immeuble à appartements et enlevé la vie à une femme enceinte. Là aussi, les normes étaient obsolètes. 

On l’avait vue venir, la crise. Sauf qu’elle empire depuis 1990. D’un côté, en Belgique, le nombre de foyers grimpe à cause de la croissance démographique (+ 12 %), du nombre de divorces qui multiplie les “ménages” (+ 17 %) et de la proportion de familles monoparentales (+ 8 %). De l’autre, la construction de biens neufs n’a augmenté que de 5 %. 

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