Le nouveau bon sens paysan

Le secteur agricole déprime. Mais ils sont quelques-uns à tirer leur épingle du jeu hors du modèle traditionnel. En prémices aux Journées Fermes ouvertes, voici deux exemples de petites exploitations qui misent sur des investissements réduits et la vente directe aux clients.

Sarah potvin et Jérémy Verhelst ont ouvert la ferme "La Finca" à Wezembeek Opem.

Entre les bilans plombés par les dettes qui s’accumulent et les prix qui ne cessent de plonger, le secteur agricole est en crise depuis de nombreuses années. En témoignent ces manifestations récurrentes, à Bruxelles, où des centaines de tracteurs défilent d’année en année sous les fenêtres de la Commission européenne pour crier leur ras-le-bol. Crise du lait, de la viande, des céréales… Les agriculteurs sont à bout de souffle, épuisés par un travail chronophage, où les coûts de production dépassent souvent les revenus générés par la vente de leurs produits. 

À ces difficultés économiques s’ajoutent également celles liées à la solitude. En février dernier, le suicide d’un candidat de l’émission L’amour est dans le pré avait mis en lumière cette réalité taboue, difficile à quantifier chez nous, vu l’absence d’étude sur le sujet. En France, le taux de suicide chez les agriculteurs serait de 20 % supérieur à celui qui prévaut dans le reste de la population. Un chiffre qui fait écho à celui de la diminution du nombre d’exploitations, partout en Europe. La Belgique a ainsi perdu les deux tiers de ses fermes sur ces trente dernières années! La tendance est la même sur le reste du continent.

D’une manière générale, c’est tout le modèle   productiviste d’après-guerre qui est remis en question. S’il a permis d’offrir une nourriture abondante et bon marché au consommateur, il a aussi entraîné une surproduction dans de nombreux domaines, qui a fait chuter les prix et impacté en premier lieu les exploitations les plus modestes. Depuis les scandales sanitaires de ces dernières années – la vache folle et le poulet à la dioxine notamment -, de plus en plus d’agriculteurs décident désormais de se tourner vers le bio. Une forme de retour aux sources, plus en phase avec l’esprit du métier. Sauf que, pour survivre, il leur faut innover en repensant le modèle agricole de l’intérieur. Innover, c’est par exemple repenser l’agriculture à plus petite échelle. C’est aussi    supprimer les intermédiaires entre le producteur et le consommateur. Ces idées font petit à petit  leur chemin de Bruxelles au Luxembourg, comme nous l’ont montré ces agriculteurs qui nous ont ouvert leurs portes.

À un jet de pierre de Bruxelles, le long de la chaussée de Malines, à Wezembeek-Oppem, un petit panneau coloré indique aux automobilistes la direction de  “La Finca”. Façade blanche, intérieur en bois, le magasin a l’allure de tous les magasins bio du monde, avec ses étalages remplis de légumes et ses étagères pleines de produits du terroir. 

Ouverte en 2012 par Jérémy Verhelst et Sarah Potvin, un jeune couple de la commune, La Finca n’est pourtant pas un magasin comme les autres. “Il suffit de regarder dans les rayons, explique ainsi Sarah. Les étiquettes jaunes désignent les produits qui sont cultivés chez nous. Les noires sont celles des fruits et légumes que nous achetons à une coopérative d’agriculteurs bio en Wallonie. En fonction des     saisons, et des récoltes, la part de produits issus de La Finca peut varier.”

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