Un dénouement dans l’affaire Grégory?

Les récentes auditions de membres de la famille Villemin relancent un cold case qui date de 1984. 

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Ce mercredi 14 juin est une date historique dans l’affaire Grégory. 33 ans après le drame, le dossier a pris un nouveau tournant avec la garde à vue de trois membres de la famille. Ginette Villemin, la belle-sœur de Jean-Marie Villemin (le père de Grégory), remise en liberté depuis, et  Marcel et Jacqueline Jacob, l’oncle et la tante de Grégory du côté maternel. Le couple a été déféré au parquet, soupçonné de complicité d’assassinat, de non-dénonciation de crime, de non-assistance à personne en danger et d’abstention volontaire d’empêcher un crime.

À l’occasion de ce rebondissement inattendu, La Trois chamboule ses programmes. Elle rediffusera du 27 au 29 juin la mini-série L’affaire Villemin qui retrace la saga judiciaire d’un dossier pas comme les autres et suit tout particulièrement le personnage tragique de Christine Villemin, la mère de Grégory, interprétée par Armelle Deutsch.

Bande annonce

On croyait l’affaire classée, au rang des plus grandes énigmes de l’histoire judiciaire. Pourtant, plus de trente ans après les faits, elle pourrait connaître son dénouement. Le 16 octobre 1984, le corps du petit Grégory Villemin, 4 ans, est découvert sans vie dans les eaux de la Vologne, dans les Vosges. Le soir même, l’oncle de la victime reçoit un coup de fil du Corbeau – l’inconnu qui harcèle et menace la famille depuis quatre ans – qui revendique le meurtre. C’est le point de départ d’une suite interminable de débâcles judiciaires et et de drames humains. Bernard Laroche, cousin de Jean-Marie Villemin, est tout d’abord accusé sur base d’un témoignage  direct. Mais le témoin se rétracte, et Bernard Laroche est libéré. Persuadé de sa culpabilité, Jean-Marie Villemin l’abat d’un coup de fusil de chasse. Il écope de cinq années de prison, dont une avec sursis. Entre-temps, Christine Villemin est inculpée pour le meurtre de son petit garçon, mais son procès aboutit à un non-lieu pour « absence totale de charge ». Une première en France. Trente ans plus tard, on ne connaît toujours pas l’identité du meurtrier. 

Pourquoi on en parle toujours ? 

Les personnages

Au creux de la France profonde, la famille Villemin se déchire à belles dents. Christine et Jean-Marie Villemin subissent depuis des années le harcèlement d’un corbeau, jaloux de leur réussite professionnelle. Le meurtre de l’enfant, un tout petit garçon au visage d’ange, est revendiqué dans un message triomphal débordant de haine. Il révèle rapidement les relations méphitiques d’un clan dont tous les membres sont soupçonnés tour à tour. Des ingrédients dignes d’un roman policier…

Les vices de procédure

À l’époque, les techniques de la police scientifique en sont encore à leurs balbutiements et l’enquête est confiée à au juge Lambert, un jeune magistrat inexpérimenté, auquel on attribue plusieurs erreurs de procédure. Absence d’autopsie, détérioration de la scène de crime, guerre des polices: le travail des enquêteurs est un véritable fiasco. 

L’emballement médiatique

De partout en Europe, d’Allemagne, de Belgique, d’Italie, des journalistes se précipitent à Lépanges-sur-Vologne, un petit coin perdu des Vosges. Certains vont jusqu’à se déguiser en policiers pour obtenir des informations. A l’époque, les rebondissements dans l’enquête sont presque quotidiens et monopolisent les médias. Débordant largement le cadre du faits divers, l’affaire marque l’opinion publique, partagée entre émotion et dégoût, et sème derrière elle des points d’interrogation. Il lui manquait un épilogue – il se profile peut-être enfin.

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