Le sexisme dans les universités

Les e-mails polémiques de l’ULB ont mis en lumière un monde académique inégalitaire. Plus qu’ailleurs, ce sexisme interpelle, car il revient aux universités de former les leaders, et donc des normes sociales, de demain. 

Le sexisme dans les universités

Il aura fallu un malheureux dérapage pour lever le voile sur une problématique peu anodine. Dans son e-mail d’invitation à la proclamation des étudiants en médecine de dernière année, le secrétariat facultaire de l’ULB a invité les jeunes diplômées à revêtir “une robe ou une jupe ainsi qu’un joli décolleté”. Le message a évidemment fait un tollé. Si l’université a le droit d’imposer un dress code, une “tenue de ville”, rien ne lui permet de “recommander” à certains étudiants – les femmes – des habits en particulier.

Si les excuses de l’université n’ont pas suffi à enterrer la polémique, c’est qu’il ne s’agit pas là d’un acte isolé. Le Cercle féministe de l’ULB a dans la foulée posté sur Facebook un message d’invitation similaire datant de 2012 où il était mentionné que “de jolies gambettes feront parfaitement l’affaire”. “À l’époque, cela ne faisait aucun bruit, réagit le vice-recteur en charge de la politique de genre à l’ULB, Laurent Licata. Il ne faut pas pour autant minimiser la gravité de ces e-mails. Les normes sociales changent, à raison. La routine n’est plus acceptable.” D’autant que le sexisme à l’université dépasse les murs de la seule ULB. Les étudiantes le vivent quotidiennement dans tous les auditoires, les salles d’examen et les entretiens pédagogiques et d’orientation du pays. Lise Ottinger, étudiante en sociologie à l’UCL et membre du Collectif des femmes à Louvain-la-Neuve, parle de remarques déplacées souvent prononcées sur le ton de la rigolade. “Ça, les filles, vous ne comprendrez pas”, a déjà entendu l’étudiante de la part d’un de ses professeurs à l’abord d’une matière “compliquée”. Le sexisme viendrait aussi des étudiants eux-mêmes. “Si on réussit un examen ou qu’on obtient un stage, on nous dit souvent qu’on est passées sous le bureau. Personne n’émettrait cette hypothèse envers un garçon.” Quand elle s’insurge, Lise se voit souligner un manque d’humour. “Quand une personne répète ce genre de propos plusieurs fois, c’est qu’au fond, elle le pense quand même un petit peu.” 

Pour découvrir la suite de l’article, rendez-vous en librairie ou sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

Sur le même sujet
Plus d'actualité