Qui contrôle les apps-santé ?

La santé mobile tire profit des possibilités offertes par les gsm, les smartphones, les tablettes et les « dispositifs portables », comme par exemple les textiles intelligents. Le boom de la santé virtuelle est donc bien réel ! Un dossier complet à lire dans Moustique cette semaine.

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En Belgique, le Sénat vient jutement de rendre un rapport d’information sur le domaine de la de santé mobile. Celui-ci constate qu’on n’assiste pas encore en Belgique à une mise en oeuvre de la santé mobile à grande échelle, comme c’est le cas en Estonie, au Danemark ou en Écosse. Plus inquiétant, actuellement, dans notre pays, il n’existe pas de réglementation qui régisse l’utilisation des applications mobiles de santé ni de cadre de qualité assurant leur fiabilité. « L’unique labélisation appliquée à ce jour concerne les dossiers médicaux informatisés des généralistes et pas des hôpitaux. Il n’y a donc pas de labélisation centralisée ».

D’autres pays sont en avance en la matière comme le Service national de santé anglais (National Health Service), qui a mis au point un portail qui propose une sélection d’applications mobiles de santé « de confiance » ainsi qu’une procédure d’évaluation de ces applications en fonction de leur pertinence médicale et de leur conformité à la loi sur la protection des données personnelles. Pour lutter contre son retard en la matière, la Belgique a donc lancé par l’intermédiaire de la ministre De Block 24 projets-pilotes :  dans le secteur des soins neurovasculaires, des soins diabétiques, des patients souffrant de douleurs chroniques , des soins de santé mentale, des affections cardiovasculaires, d’autre domaine de soins (oncologie, apnée du sommeil et BPCO).

Toutes ces applications se nourissent des données des patients. Où les stocker ? La Belgique est un petit pays et aujourd’hui on n’y trouve donc pas d’acteurs de grande envergure dans le domaine des logiciels médicaux. « Il en résulte que nos hôpitaux font souvent appel à des plateformes Cloud dont la maison mère se situe en dehors de l’Union européenne. » précise le rapport.

Enfin, chez nous, il n’y a pas encore de politique de remboursement des applications de santé mobile comme cela se fait en Allemagne, où la caisse d’assurance maladie Barmer GEK et Axa remboursent une application, « Caterna Vision Therapy » dotée du marquage CE, destinée aux enfants de quatre à douze ans souffrant d’amblyopie (maladie oculaire caractérisée par une faiblesse de l’acuité visuelle). Le rapport s’inquiéte aussi d’ « un risque supplémentaire lié à la santé mobile est celui d’un accroissement de la médicalisation et de la commercialisation. Le risque est réel de voir certains patients (principalement les hypocondriaques) tomber dans la surconsommation. Au cours des auditions, il a été suggéré que les applications de santé doivent s’adresser à des groupes cibles spécifiques, et non au grand public. »

A cela s’ajoute comme le montre une étude européenne consacrée aux connaissances en matière de santé le risque de voir les 40 % qui ne peuvent pas gérer de manière autonome les informations médicales qu’ils reçoivent…jouer avec des applications qu’ils ne maitriseraient donc pas. Plus que jamais ces applications ne doivent pas provoquer la rupture du lien entre le patients et son médecin…

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