Trouvez-moi une crèche !

Entre les listes d’attente interminables, les tarifs indécents et les discriminations, obtenir une place pour son nouveau-né est toujours un parcours du combattant. Des solutions sont sur la table, mais les familles attendent toujours. 

Trouvez-moi une crèche © Clark Griffiths

Les délais deviennent complètement dingues. Au point qu’on conseille désormais aux parents d’inscrire leur bébé en crèche au troisième mois de grossesse. Au plus tard… Selon le dernier baromètre des parents réalisé par la Ligue des familles, 41 % des sondés estiment de fait qu’il est difficile de repérer une place d’accueil. L’année précédente, ce taux n’était encore que de 27 %. Par ailleurs, 8 % des nouveaux parents déclarent ne pas avoir trouvé de place d’accueil du tout. “Et en réalité, c’est plus, lance Delphine Chabbert, responsable de la petite enfance à la Ligue des familles. Quand il n’y a pas de place, la demande diminue d’elle-même. Les parents n’essaient même plus.” 

Entre 2005 et 2015, rapporte l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE), le nombre de places disponibles dans les crèches francophones est passé de 31.215 à 43.007 alors que le nombre d’enfants de moins de deux ans et demi a grimpé de 127.658 à 137.418. Autrement dit: moins d’un enfant sur trois (31,3 %) peut y passer ses journées, bien que les accords de Barcelone recommandent un minimum de 33 %. Étrange, explique Anne Teheux, responsable de la fédération des services maternels et infantiles de Vie féminine, car “il ne viendrait pas à l’idée que 30 % de la population ait accès à l’école ou aux hôpitaux…”. C’est pourquoi les pays nordiques, menés par la Finlande, ont décidé de garantir une place à chacun de leurs marmots dès leur premier anniversaire. Le rôle des crèches ne se limite de fait plus au service de garderie qu’on lui prêtait lors de leur création dans les années 70, au moment où les femmes se sont massivement mises au boulot. Aujourd’hui, convient Anne Teheux, l’accueil a aussi un rôle social et éducatif. “C’est important que les enfants puissent être socialisés. Investir maintenant dans les crèches, c’est offrir des chances à l’enfant de pouvoir se développer harmonieusement dans le futur.” Chez nous, personne n’ose pourtant revendiquer une couverture totale. Les acteurs de terrain se montreraient déjà satisfaits, disent-ils, si les plans “Cigogne” successifs – 4.510 places supplémentaires d’ici 2018, 14.849 avant 2022 – atteignaient leurs objectifs, tant l’espoir que cela se produise semble faible. 

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