L’enfer des franchisés

On ignore souvent que, dans les fast-food ou les supermarchés, les salariés ne sont pas employés par la chaîne mais par le magasin lui-même. Et que des règles extrêmement dures régissent le modèle des franchises. 

L’enfer des franchisés ©Olivier Pirard

Burger King s’installe en Belgique. À Anvers, fin juin. Puis à Charleroi, en juillet, et à Namur, fin août. Au total, huit nouveaux fast-foods ouvriront en 2017, compte non tenu du nombre encore inconnu d’actuels franchisés de Quick qui basculeront du Giant vers le Whooper. C’est que les grandes enseignes optent désormais massivement pour le modèle de franchisés plutôt que d’investir en propre dans des succursales. 

Alimentation, bricolage, produits de beauté mais aussi courtiers, tous sont franchisés. Combien de consommateurs savent qu’en se rendant dans une boutique de marque, un Brico, un Yves Rocher, ils deviennent client d’un réseau de franchises, où les salariés ne sont pas employés par la grande enseigne mais du magasin lui-même? Massivement, les petites surfaces ou les enseignes de proximité sont passées sous franchise. Le modèle commercial des franchisés est né dans les années 70 avec le vote de la “loi cadenas” qui empêchait le développement des grandes surfaces. Un des moyens de contourner la loi a été la franchise. Résultat: il n’y a jamais eu autant de franchisés en Belgique qu’aujourd’hui. Qui travaillent dans des conditions de plus en plus dures.

“Un franchisé, c’est avant tout un indépendant qui a mis toutes ses billes là-dedans et a souvent mis sa maison en hypothèque. C’est un métier qui est devenu plus dur par sa complexité et sa diversité”, explique Luc Bormans, dans le métier depuis trente ans, qui gère l’AD Delhaize de Salzinnes (Namur) tout en assumant la vice-présidence de l’Aplsia, l’Association professionnelle du libre-service indépendant en alimentation. “Un franchisé qui a 5 ou 20 personnes, on attend de lui la même chose que s’il avait 500 personnes. Ce sont les mêmes règles. Ça, c’est impossible. Il faut faire face à tout: un contrôle de l’Afsca (Agence pour la sécurité de la chaîne alimentaire – NDLR), un vol, une plainte de client, une panne de frigo… On travaille six jours par semaine, parfois sept.”

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