Abattoirs: la mort est leur métier

Le secteur de la viande dérape, pris dans des cadences infernales. Les récentes vidéos-chocs tournées dans des abattoirs en témoignent. Mais elles ne disent pas tout de ce milieu où les souffrances animales, souvent, occultent celles des humains.

Aujourd'hui ne subsistent pratiquement plus que de grands abattoirs, seuls capables de tenir le rythme des enseignes internationales. ©Belgaimage

Scandale après scandale, horreur après horreur, les images “volées” des associations de protection animale comme L214 ont levé le voile sur la violence qui régit le quotidien au sein des abattoirs. Des vidéos souvent insoutenables qui pointent les dérapages d’une filière condamnée aux cadences infernales et malmenée par les tarifs imposés par les grands groupes de l’alimentation. En mars dernier, une vidéo tournée par l’association Animal Rights dans le plus grand abattoir de Belgique, situé à Tielt, en Flandre-Occidentale, pointait ainsi les atrocités commises sur des porcs. Chocs électriques intempestifs, bêtes tabassées à coups de bâtons, traînées par les oreilles, égorgées sans étourdissement,… 

Ce système a-t-il créé des monstres? Nous avons été à la rencontre des travailleurs du secteur viande, souvent pointés du doigt et rarement prompts à communiquer sur les coulisses de ce métier difficile, mais nécessaire. “Il ne faut pas croire que ce qui se passe à Tielt se passe partout en Belgique, commence Jean-Claude Michel de Porcs Qualité Ardenne. On a eu honte quand on a vu ces images.” Chez P.Q.A., les méthodes employées diffèrent de celles utilisées majoritairement dans ce milieu, comme le prône le terme “Qualité”, qui fait partie intégrante du nom comme de la philosophie de l’entreprise. Dans cette coopérative formée par plusieurs agriculteurs, le porc est fermier, bio, plein air. Un label qui peut être mis à mal si on ne traite pas bien l’animal tout au long de sa vie, que ce soit chez le producteur, dans le transport ou à l’abattage.

On va laisser les porcs isolés dans leur lot. On va les décharger dans le calme, chez nous, on n’entend pas les cochons crier.

Si à un moment dans la filière il y a de la maltraitance ou de l’ingérence, cela se ressentira dans la viande, Jean-Claude Michel en est persuadé. “Nous n’avons donc aucun intérêt à maltraiter les bêtes. Nous prenons donc le temps de bien faire les choses pour ne pas “ gâcher la marchandise”. L’outil que l’on a ici n’existe plus vraiment au niveau européen.” Et pour cause, à force de voir les prix de la viande baisser constamment, mais aussi pour éviter une mort brutale à des animaux qu’ils avaient pris soin d’élever dans le respect, certains agriculteurs ont décidé de se rassembler pour former la coopérative P.Q.A. Une manière de contrôler la production de A à Z, de reprendre leur destin et celui de leurs bêtes en main. Et cela fonctionne plutôt bien jusqu’ici. “Nous avons nos propres transporteurs qui travaillent sans brutalité, notre personnel est formé pour ça. On va laisser les porcs isolés dans leur lot. On va les décharger dans le calme, chez nous, on n’entend pas les cochons crier. Quand un porc hurle, c’est qu’il y a un problème.” Effectivement, lors de notre venue, pas le moindre bruit à signaler. Ensuite, ces animaux très sociables sont tués en groupe, d’abord endormis dans une fosse avec du CO2, comme lors d’une opération, nous rappelle Jean-Claude Michel, puis enfin leur sang est pompé jusqu’à ce qu’ils meurent exsangues. 

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