Le bonheur au travail, c’est possible

On se rend au bureau et on pense stress, salaires, échéances. Et si notre environnement professionnel n’était pas forcément néfaste? De plus en plus d’entreprises parient sur le bien-être de leurs salariés. Certaines font même désormais appel à des “Happiness Officers”. Parce que bosser heureux, c’est un boulot en soi.

Le bonheur au travail ©Fotolia

Le mal-être professionnel a un coût. Et il est mesurable: 11 milliards d’euros par an de perdus pour les employeurs belges. Ce qu’on sait moins, c’est que le bonheur au travail est, lui, source de performance économique. “Les salariés heureux sont deux fois moins malades, six fois moins absents, neuf fois plus loyaux, 31 % plus productifs et 55 % plus créatifs”, indique Laurence Vanhée, fondatrice du cabinet Happy-formance. À tel point que les entreprises qui privilégient le bonheur au travail “surperforment”, y compris en Bourse. Et si les grandes entreprises semblent tout à coup se piquer de déco et de bien-être au boulot, c’est qu’elles ont compris qu’elles avaient beaucoup à y gagner. 

Une entreprise lifestyle

Lounge aux sofas colorés par-ci, espaces de silence et salles de créativité par-là… Un à un, les gris locaux des grandes entreprises subissent des métamorphoses radicales. L’idée phare de cette soudaine poussée de home staging d’entreprise? En finir avec les grands bureaux pour petits chefs, et les open spaces à perte de vue pour des salariés rivés huit heures d’affilée à leur ordinateur. “L’objectif: créer un esprit d’ouverture, de collaboration et de convivialité”, explique-t-on chez Deloitte. Un point loin d’être anecdotique. Car les locaux – parsemés de flex desks (bureaux non attribués) et d’espaces dits “collaboratifs” – sont également une arme pour attirer les jeunes talents. Les générations Y/Z (35/18 ans) l’affirment clairement: elles rêvent d’une entreprise lifestyle, sans silos, sans dress code ni distinction vie privée-vie professionnelle; d’un espace où elles peuvent choisir entre hyperconnexion et déconnexion, entre communauté et isolement. Plus que leurs aînés, ces jeunes sont attachés aux conditions matérielles de leur travail – lieu, horaires, commodités. Et ça tombe bien, car notre façon de travailler évolue progressivement. Home working, coworking, environnements dynamiques, un nombre croissant d’employeurs accordent une plus grande liberté à leurs salariés et leur permettent de tester des alternatives modernes au traditionnel “9-17” devant un écran.

Feel good managers

Autre tendance dans les entreprises: recruter des “responsables du bonheur”. Les Américains, qui ont inventé le concept, parlent de Chief Happiness Officer (CHO) ou de Happiness Driver. Leur boulot: créer des conditions dans lesquelles les salariés vont trouver du bien-être, en organisant, par exemple, la flexibilité de l’emploi du temps ou des projets de volontariat transversaux, voire des cours de yoga, de sophropilates ou des stages de méditation de pleine conscience au service des salariés afin de les (re)motiver et de les aider à s’épanouir professionnellement. À l’origine, le concept a été créé par Chade-Meng Tan, un ingénieur américain, 107e salarié embauché par Google, qui a changé de métier pour se concentrer sur le développement des personnes et leur bien-être. Chez le géant de Mountain View, il a inventé la fonction de “Jolly Good Fellow” (super bon camarade). L’idée fait des émules, y compris chez nous: le premier Executive Master Class Programme au monde, entièrement centré sur le bonheur au travail, a en effet été lancé en septembre 2015 à HEC Liège. Depuis, ses inscriptions affichent “complet”.

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