Emmanuel Macron, le modèle à suivre en Belgique ?

Verra-t-on chez nous un grand rassemblement au centre, comme chez nos voisins français après la victoire d’Emmanuel Macron? Le cdH fait tout pour. DéFI n’en veut pas. Écolo reste à l’écart. Le PS a des ennuis. Le MR reste au balcon. L’idée semble donc morte-née chez nous. Quoique ?

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Pluie à l’Élysée, crachin à l’Élysette… Les événements politiques français façonnent notre propre paysage démocratique, il en a toujours été ainsi. “On n’habite pas seulement un pays mais aussi une langue”, résume Denis Ducarme. Alors, depuis dimanche, tous “En marche!” avec Macron? Certes, des recompositions au centre ont déjà été tentées comme au PSC dans les années 70 avec Charles-Ferdinand Nothomb ou encore avec Louis Michel et Gérard Deprez début des années 2000. Avec un succès relatif.

« On a en tout cas intérêt à se tourner vers la société civile pour retrouver la confiance »

Ceci étant, comme en France, le paysage politique en Belgique francophone pourrait évoluer au vu de l’insatisfaction de nombreux citoyens face à l’action politique et aux affaires, estime Michel Hermans, politologue HEC-ULG. Mais il ne s’attend pas pour autant à l’émergence d’un être providentiel: “Ce sera difficile. Un Magnette peut représenter un renouveau même s’il est déjà très étiqueté PS. Il peut paraître en renouveau par rapport à un Di Rupo qui aurait dû s’arrêter après avoir été Premier ministre et par rapport au PS   liégeois en difficulté dans l’affaire Publifin”. Et lorsqu’on lui pose la question d’un profil à la Éric Domb, patron de Pairi Daiza, il réfléchit: “Rien n’est impossible. On a en tout cas intérêt à se tourner vers la société civile pour retrouver la confiance. Lui, il a une crédibilité au travers d’une activité qui fonctionne et il peut être une synthèse entre le PS et le MR”. Depuis quelques semaines, un rapprochement DéFI, Écolo, cdH est évoqué. Pour lui, “c’est un rassemblement qui pourrait avoir une cohérence, mais sans M. Maingain que seul Didier Reynders a pu maintenir au MR”. Ce puzzle complexe ravive les réflexions les plus diverses à l’intérieur des partis.

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Maingain dézingue le grand rassemblement

Le président de DéFI l’assure: aucune tractation avec le cdH ou qui que ce soit. Par contre, il dit capter des militants du cdH jour après jour. Pavé dans la mare centriste.

“Il n’y a rien de rien. Aucune discussion entre partis pour faire émerger quelque chose de nouveau. Et nous ne sommes pas du tout dans cet état d’esprit”, martèle Olivier Maingain. Et de justifier que DéFI se porte bien et est considéré désormais comme bien plus moderne que le cdH “qui n’a jamais pu se détacher de son lien historique avec le monde catholique. Or pour nous, la laïcité à la française, la capacité de l’État à se détacher de ses références religieuses, est essentielle. La protection des piliers par le cdH comme par le PS coûte aujourd’hui extrêmement cher à notre société”, argumente Maingain.

Pourtant, DéFI serait doucement en train d’aspirer les humanistes… “Je vois arriver chez nous tous les jours des militants du cdH, qui se porte mal. Mais je ne cherche pas à débaucher ou faire main basse sur le cdH comme Louis Michel a pu le faire par le passé. C’est un jeu médiocre.” C’est le dernier mandat de Maingain qui promet de nouvelles figures. Jeunes. Il a été élu à 35 ans. Il    souhaite de nouveaux leaders. “Mais c’est prématuré de vous dire qui. DéFI a bien réussi son évolution propre. Nous avons de vraies convergences avec le mouvement En marche! Nous sommes dans cette dynamique progressiste. Tous les partis sont à la recherche de nouveaux équilibres et Macron a une créativité intéressante pour plus d’égalité et plus de justice

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