Zora, un robot qui vous veut du bien

Revalidation, jeux, aide aux soins: la robotique se met aussi au service de la santé. Des expériences pilotes sont menées à Liège, notamment, auprès de personnes âgées et de jeunes autistes.

Zora, un robot qui vous veut du bien ©HOLLANDSEHOOGTE/Belga Image

Il s’appelle Zora, il mesure moins de un mètre. Ses yeux s’illuminent quand on lui donne vie. Zora ne fait pas le café ni la vaisselle et ne sort pas le chien. En revanche, il se déplace et arrive quand on l’appelle. Il écoute, comprend ce qu’on lui dit et s’exprime oralement. Programmé, Zora sait tout faire ou presque: raconter des histoires, tenir une conversation, donner une leçon de yoga, parler plusieurs langues… Et, depuis quelques mois, il est devenu un membre du personnel – à part entière – du Centre hospitalier régional de la Citadelle, à Liège.

“Je m’appelle Zora et je suis votre nouveau prof de gym.” Dans cette petite salle d’hôpital, la lumière est blafarde. Les murs sont verts. Le public est grisonnant… En pleine revalidation, suite à des interventions chirurgicales parfois lourdes, c’est la première fois que ces seniors entrent en contact avec Zora. Mais dès son l’arrivée, les yeux pétillent. C’est qu’il a des arguments: en un tournemain, il se met à danser, à chanter, et – pour rompre définitivement la glace – à diffuser des tubes de Gilbert Bécaud. 

Après quelques minutes d’échauffement, place au grand show: les lumières scintillent, les baffles crépitent… Quand soudain, Zora se déhanche au rythme de Gangnam Style. Chorégraphie parfaite. À faire pâlir de jalousie la superstar coréenne Psy. D’autant plus que le petit robot, particulièrement stable, sait s’agenouiller et arrive à se relever tout seul. Si on le lui demande, il peut aussi exécuter des pompes et des roulades. Et contre toute attente, le public suit. Les bras se lèvent, font un tour à gauche, puis à droite. Du haut de leur chaise et de leurs septante ans, les patients retrouvent, en rythme, une jeunesse qu’ils croyaient perdue.

Programmable à souhait

Au sein du CHR la Citadelle, le robot a trouvé une place fondamentale. Pas seulement en gériatrie, ou en médecine physique, mais aussi auprès des enfants hospitalisés. Sa relation physique avec les patients est essentielle, avec ce que cela implique d’autonomie, de capacités d’initiative et d’empathie. “Il y a un effet de mimétisme vraiment impressionnant, observe Mylène Maigret, kinésithérapeute en chef, qui avoue avoir accueilli ce projet-pilote avec quelques appréhensions. Nos patients reproduisent presque spontanément les gestes qu’il fait, avec une attention beaucoup plus grande que s’il s’agissait d’un vrai kiné.” 

De quoi leur piquer leur job? Au contraire, il permet de suppléer les thérapeutes. “Un humanoïde ne pourra jamais remplacer un médecin ou un kiné, qui gardent la responsabilité de l’objectif thérapeutique, insiste Mylène Maigret. Mais puisqu’il ne faut plus de kiné pour animer la séance, on est plus nombreux à intervenir directement auprès des patients. On peut, par exemple, les assister dans certains mouvements ou corriger certains gestes. Alors qu’auparavant, nous n’avions pas forcément cette disponibilité.”

Pour découvrir notre dossier « Les robots sont là » et notamment l’interview de Paul Dumouchel et Luise Damiano, auteurs de Vivre avec les robots, rendez-vous en librairie ou sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

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