Burn-out parental: les clés pour l’éviter

Le syndrome touche un nombre croissant de parents. Deux scientifiques l’ont étudié et livrent leurs conclusions dans Le burn-out parental. L’éviter et s’en sortir. Parents déjà épuisés ou près de l’être: ce livre est pour vous.

Le burn-out parental ©CÄäT

Vous avez déjà eu envie de les rendre à la maternité ? L’idée de les balancer par la fenêtre vous a un jour traversé? C’est normal. Mais si l’envie persiste, peut-être que l’épuisement approche. On n’en parlait pas avant, du burn-out parental. Alors, pourquoi les parents contemporains n’en peuvent plus, stressent, craquent ? Parce que devenir parent au 21e siècle fait partie d’une équation autrement plus complexe qu’il y a une cinquantaine d’années: “En deux générations sont apparus des changements profonds par rapport à la parentalité, déclare Moïra Mikolajczak, auteur du bouquin, avec Isabelle Roskam, et professeur de psychologie à l’UCL. Nos grands-parents s’occupaient de la santé et de l’éducation des enfants. Point. Le rôle de parent aujourd’hui recouvre un champ bien plus vaste. Chaque parent se trouve responsable de l’épanouissement de son enfant dans toutes les sphères de sa vie, et de développer un maximum ses potentialités, des clauses inscrites dans la Convention internationale relative aux droits de l’enfant.” 

Ce n’est rien de le dire: l’enfant a pris une nouvelle place, celle d’une personne à part entière. Et pour concrétiser cette place, les principes de la parentalité positive se sont fait connaître dans le sillage des Dolto et compagnie. Le terme “parentalité” est d’ailleurs apparu dans les années 50 dans le jargon psy. Sa déclinaison en “parentalité positive” rassemble les outils permettant de gérer les situations difficiles (colère, opposition, jalousie, etc.) en privilégiant l’intérêt de l’enfant – dont les besoins devraient passer avant ceux des parents – et en favorisant son épanouissement. Soit comment  rester bienveillant, attentif, chaleureux, disponible en toute circonstance. Parfait, en somme.

La pression sur les parents n’a jamais été si forte et le temps disponible pour exercer ses responsabilités parentales n’a jamais été aussi restreint.

Le burn-out parental ©CÄäT

Viser l’intérêt supérieur de l’enfant, donc, et interdire toute violence physique et verbale. Bien! Mais comment on fait? Conseils, suggestions, impératifs se distribuent désormais en ligne. Il suffit de taper “comment être un bon parent” sur un moteur de recherche pour être pris de vertige… Difficile de ne pas culpabiliser de s’être énervé, de ne pas avoir eu assez de patience, expliqué correctement, pris le temps, etc.

“Certains, quand ils deviennent parents, passent par exemple au “tout bio”. Alors qu’ils n’en mangeaient jamais avant”, témoigne la psychologue. Bisphénol A (dans le plastique des biberons), perturbateurs endocriniens, phtalates, etc. installent un climat anxiogène qui n’aide pas. Les avancées scientifiques en matière de développement du cerveau dès le plus jeune âge confirment l’importance des premières années dans la structuration du cerveau et font encore monter d’un cran la pression…. Dans l’imaginaire collectif, avoir des enfants fait partie du kit de base du bonheur. Mais on oublie souvent la partie à monter soi-même. 

“Les parents sont confrontés à une situation paradoxale inédite dans l’histoire, expose l’introduction à une conférence des deux auteurs, la pression sur les parents n’a jamais été si forte et le temps disponible pour exercer ses responsabilités parentales n’a jamais été aussi restreint.” Vie professionnelle, vie de famille, vie sociale, épanouissement personnel, la clé de répartition idéale pour chaque parent, et chaque enfant, n’est pas livrée avec le Maxi-Cosi. Conséquence: les parents les plus conscients de ces enjeux multiples perdent confiance en eux. Et ils sont de plus en plus nombreux.

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LE BURN-OUT PARENTAL. L’ÉVITER ET S’EN SORTIR. Moïra Mikolajczak, Isabelle Roskam. Odile Jacob, 196 p.

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