10 choses à savoir sur… l’Élysée

Il se passe toujours quelque chose à l’Élysée. Alors que le premier tour approche, immersion dans les coulisses de ce lieu tant convoité.

Palais de l'Elysée ©Reporters/Pascal POTIER / VISUAL Press Agency

1- Assassinats

Deux présidents ont été tués par des terroristes: Sadi Carnot le 24 juin 1894, assassiné par Caserio, un anarchiste italien; et Paul Doumer, le 6 mai 1932, abattu par Gorguloff, un fasciste russe. Depuis les attentats de 2015, le Palais est un Q.G. permanent. Le risque est omniprésent.

2- Budget

En 2014, le budget élyséen, à la baisse, atteint le seuil symbolique des 100 millions d’euros. 806 personnes travaillent alors au Palais, contre 1.051 en 2007. L’Élysée est à la diète, même si la rémunération élevée du coiffeur du président (9.895 euros brut par mois…) provoque un scandale.

3- Code (nucléaire)

“J’ai failli perdre la clé du code atomique.” Cet aveu stupéfiant, c’est François Mitterrand qui le fait. Pendant la passation de pouvoir, Giscard lui aurait tendu une petite plaque pendant à une chaîne en or. Mitterrand la glisse dans sa poche. Et l’oublie dans le costume parti chez le teinturier.

4- Écoutes

Celles de François Mitterrand ont défrayé la chronique. Mais en juin 2015, le scandale, politique et diplomatique, est mondial. WikiLeaks divulgue que de 2006 à 2012, trois présidents français successifs – Chirac, Sarkozy et Hollande – ont été écoutés par la NSA. L’Élysée, situé à 300 m de l’ambassade américaine, renforce ses dispositifs de sécurité.

5- Indésirables

Les indésirables au Palais sont définitivement rayés de la liste. Sous François Hollande, celle-ci est courte. On y retrouve son ancien conseiller Aquilino Morelle, l’ancien secrétaire d’État Thomas Thévenoud et, bien évidemment, Jérôme Cahuzac. Ceux qui ont fait oublier la promesse d’une présidence “exemplaire”… 

6- Jupiter

Au sous-sol de l’Élysée, sous les appartements privés, c’est le très mystérieux PC Jupiter. PC pour Poste de commandement. Jupiter pour la foudre. Un ancien abri antiaérien, construit sous la présidence d’Albert Lebrun. À la fin de 1977, Giscard y fait installer le commandement de la force nucléaire. C’est le Saint des Saints.

7- Mandats

Un président sur deux n’est pas allé au terme de son mandat. Coty sombre avec la IVe République. De Gaulle démissionne trois ans avant la fin de son second mandat. Pompidou est fauché par la maladie après quatre années au Palais… D’où la question: planerait-il une malédiction sur l’Élysée?

8- Prison

Ceux qui y habitent se sentent terriblement seuls et passent leurs soirées devant un plateau-repas. “Je suis le spectre de l’Élysée”, plaisante un jour François Hollande. Prémonitoire. Vertigineux. Désormais, il s’emploie surtout à repousser l’ombre envahissante de sa fin de règne.

9- Protocole

Si les règles protocolaires remontent à la monarchie, elles ont été allégées et adaptées aux époques. Pour les dîners d’État, Georges Pompidou fit adopter le smoking, que François Hollande supprima, en demandant qu’on le maintînt en une seule circonstance: si l’on recevait la reine d’Angleterre.

10- Rémunération

22.000 euros brut par mois. Un peu plus de 19.000 euros net. Lorsqu’en 2007, Sarkozy augmente de 140 % la rémunération présidentielle, la polémique s’enflamme. Le salaire n’est pourtant pas en soi scandaleux. C’est ce que gagne la chancelière allemande Angela Merkel.

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