Nos très chers animaux de compagnie

Repas équilibrés, assurances santé, jouets high-tech, les Belges dépensent une fortune pour rendre leurs petits compagnons heureux. Même s’ils n’en ont pas besoin.

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Que ne ferions-nous pas pour nos bêtes à poil ou à plume? Les Belges dépensent annuellement, selon le SPF Économie, 1,3 milliard d’euros pour prendre soin d’eux, alors que le montant n’était “que” de 950 millions en 2008. Un sacré pactole consacré aux 2 millions de chats et 1,5 million de chiens, mais aussi aux lapins, hamsters, oiseaux et autres nouveaux animaux de compagnie (les NAC: mini-cochons, serpents, iguanes, etc.) présents sur le territoire belge. Ainsi, au sud du pays, un animal domestique est présent dans au moins un ménage sur trois. Docteur en sciences vétérinaires (ULG), Nathalie Huybens a toutefois constaté dans sa thèse une “diminution de 15 % des ventes d’animaux domestiques en Belgique après la crise de 2008”. Les adoptions seraient depuis reparties à la hausse, à en croire les quelque 150.000 nouveaux enregistrements  d’animaux de compagnie annuels auprès de la base de données Dogld. Pour autant, les dépenses consacrées aux boules de poils n’ont, elles, jamais baissé. Elles atteignent même un pic record situé entre 300 et 600 euros par tête de pipe. Ce montant ne dépendrait pas du statut social des maîtres ou de leurs revenus, mais simplement du rapport qu’ils ont aux animaux. Certaines personnes prennent bien sûr encore un chat pour chasser les souris ou un chien pour dissuader les cambrioleurs. 

Âmes sensibles

La relation homme-animal n’en demeure pas moins complexe dans bien des cas. Un sondage commandité par la compagnie Assuropoil dévoile qu’un Français sur deux préfère passer du temps avec son ami sur  pattes que de sortir avec ses amis. Un sur quatre le privilégie à son conjoint et 35 % d’entre eux à leur famille. Deux sondés sur cinq estiment par ailleurs qu’une mésentente entre leur animal et leur conjoint est un “facteur rédhibitoire” qui “poserait problème dans leur relation”. Un constat fait dès 2012 en Belgique par le Centre de recherche et d’information des organisations de consommateurs… Les animaux sont de fait de plus en plus “humanisés”. Convaincu, le ministre wallon du Bien-Être animal Carlo Di Antonio (cdH) mettra cette semaine sur la table du gouvernement régional le premier texte belge visant à reconnaître les animaux comme des “êtres vivants doués de sensibilité” et non plus comme des “biens meubles” – tel qu’indiqué dans le Code civil. Un décret wallon devrait suivre dès l’été. En France, cette reconnaissance est déjà inscrite dans la loi depuis 2015. En Grande-Bretagne et aux États-Unis, certaines entreprises (la chaîne d’hôtels Kimpton, l’assureur Trupianon, notamment) octroient en outre des congés de “patte-ternité” lorsqu’un animal nécessite des soins, car “les animaux sont comme des enfants”.

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