Start-up wallones: une de perdue, dix de créées?

Une entreprise japonaise a dépensé 800 millions d’euros pour s’offrir la société Ogeda. La Wallonie devra multiplier ce type d’opérations pour développer encore plus de pépites technologiques et de l’emploi durable. 

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Ogeda, vous ne connaissiez pas? Normal. Seuls les initiés pouvaient situer cette société de biotechnologie sur l’aéropôle de Gosselies. Mais vous avez peut-être déjà entendu parler de la société Galapagos, le premier vrai succès belge en la matière, situé à Malines. En 2017, cette société va poursuivre ses recherches sur une thérapie contre la mucoviscidose. Ces deux entreprises, parmi d’autres, représentent l’avenir de notre pays dans le domaine médical des biotechnologies. Aujourd’hui, des centaines de chercheurs en Belgique utilisent donc l’ingénierie du vivant pour la santé mais aussi pour l’agriculture, l’agroalimentaire, l’environnement… Actuellement, les sociétés de biotech portent des noms moins bucoliques: Ablynx, Bone Therapeutics, Celyad ou Promethera. En 2016, les pouvoirs publics (18 millions d’euros) et le privé (7 millions d’euros) ont rassemblé près de 25 millions d’euros pour la recherche et le développement dans les biotechs en Wallonie. À Bruxelles, pour ce secteur, il est prévu un taux de croissance annuel de 9 % d’ici 2019.

Toutes ces sociétés peuvent se reposer sur le pôle de compétitivité wallon: BioWin. Derrière lui, se cachent aujourd’hui plus de 130 PME, 7 leaders mondiaux (Baxter, GSK…), les universités et centres de recherche, les institutions publiques et les investisseurs… Les secteurs technologiques clés de la Wallonie sont la biopharmacie/les vaccins, la thérapie cellulaire, la bioproduction, le diagnostic (in vitro et in vivo), les applications radiopharmaceutiques, les instruments et appareils médicaux implantés ou non implantés. En un mot, le quotidien ou le futur de millions de patients dans le monde. Ce petit microcosme regorge de sociétés à la pointe qui connaîtront des succès ou des échecs retentissants. L’une d’elles, la société Ogeda a vécu de nombreuses difficultés depuis sa création comme toutes les start-up. Contre vents et marées, ses actionnaires publics et privés l’ont soutenue. Aujourd’hui, ils en récoltent les fruits: l’entreprise japonaise Astellas a déposé 800 millions d’euros sur la table pour s’approprier sa  prometteuse molécule appelée fezolinetant! Celle-ci devrait permettre de remédier aux bouffées de chaleur des femmes ménopausées. “Ces bouffées seraient réduites de 89 % après 4 semaines, selon Jean Combalbert, CEO d’Ogeda. Notre recherche intéresse surtout par son originalité: un traitement non hormonal.”

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