L’enfer des rapts parentaux

Chaque année, ils sont des centaines à être enlevés par l’un de leurs parents. L’autre doit alors mener un long combat pour espérer les récupérer. Personne n’en sort totalement indemne…

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Il n’y a rien de pire que de perdre un enfant. L’an dernier, le SPF Justice a pourtant dû ouvrir 104 dossiers liés au déplacement d’enfants depuis la Belgique vers l’étranger sans le consentement des deux parents. L’année précédente, il y en avait 108. Ces chiffres ne prennent en compte que les enlèvements vers un pays signataire de la Convention de La Haye (voir encadré). Child Focus élève ainsi le nombre de rapts parentaux à 358 sur l’année 2015 (concernant 245 filles et 234 garçons). Des dizaines d’autres se trouveraient encore sur le territoire belge. 

Jean Peeters, indépendant dans le secteur agricole de 50 ans, vous le dira: peu importe où ils se trouvent, le résultat est le même. En 2003, alors que sa fille était âgée de 12 ans et son fils de 8 ans, son ex-femme a mis un terme à leur relation. Les enfants vivraient désormais dans la ferme familiale de la province de Hainaut, à deux kilomètres de chez lui, et ne verraient plus leur père. Il a cru à une mauvaise blague. Il a vite compris qu’elle était sincère. Jean en a pleuré plusieurs fois, admet-il après un long silence. Il craignait que s’il “allumait la mèche”, ça se retournerait contre lui. Mais sa fille lui manquait. Son fils qu’il mettait au lit tous les soirs aussi. 

Soutenu par deux proches amis, après deux semaines, il décide d’entamer une procédure judiciaire. Le juge prescrit une expertise psychologique aux enfants et annonce… leur placement en famille d’accueil, le temps d’apaiser les tensions au sein du couple et de trouver une solution pour la garde. Jean tombe des nues. Selon lui, mieux vaut qu’ils restent ensemble avec leur mère que d’être placés séparément, alors il cède. Au tribunal, il encaisse la responsabilité du conflit familial, sans se douter que le juge prononcerait une suspension de son droit de garde… 

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