Le blues des Verts

Trois ans après sa dernière déconfiture électorale, Écolo bourgeonne à nouveau dans les sondages. Pourtant, au sein du parti, l’ambiance semble loin d’être printanière et on ne se jette pas que des fleurs. 

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« Ah mais non, tout va bien, chez nous!” Voilà ce que vous pourriez entendre au siège du Parti Écolo à Namur. “Bien au contraire, on sent un retour de l’espoir parmi nos sympathisants et nos militants”, donne une autre version. Il y a également le “les derniers sondages sont favorables et nous ne cessons de grimper”. En gros, au parti vert, ce serait le retour du printemps après un interminable hiver. Sauf que certaines constantes résistent au rythme des saisons chez Écolo: un poil de complexité, un soupçon d’intellectualisme, l’ombre du Schtroumpf à lunettes qui plane… 

Prenons la récente “affaire Nagy”. Un “épiphénomène, voire moins qu’un épiphénomène”, nous dit-on. À voir… La section locale de Bruxelles a destitué sa chef, Marie Nagy, parce que celle-ci s’était livrée à une “médiatisation intentionnelle et préméditée d’un conflit interne qui porte essentiellement et principalement sur des dysfonctionnements organisationnels”… Traduisez: “elle a parlé à la presse pour dire ce qui n’allait pas”. Marie Nagy a publié une Carte blanche dans le journal Le Soir, dans laquelle elle pointe ses craintes de voir le parti devenir le   porte-drapeau d’un retour du religieux. Il est notamment question dans son argumentaire d’une interview de l’eurodéputé Philippe Lamberts dans laquelle celui-ci revient sur sa foi.“Pas une seconde, je ne remets en question la séparation entre l’Église et l’État, se défend le député européen. Je dis simplement que la question des signes religieux “ostentatoires” n’est pas une problématique simple. Que la thématique de la religion vécue “dans la sphère privée” peut aboutir à ce qu’un certain nombre de femmes soient cloîtrées chez elles. Je connais suffisamment Marie Nagy, et réciproquement, pour savoir que nous ne sommes pas en désaccord. Le débat sur la laïcité est un débat vif au sein du parti et depuis fort longtemps. C’est heureux qu’il y ait différentes conceptions en la matière. C’est sain. Simplement, moi, je réserve d’abord mes positions à mon parti avant de convoquer la presse. Peut-être est-ce ça, “l’affaire Nagy”.” 

Dites que c’est une source proche du dossier, implore un mandataire bruxellois avant de se confier. En réalité, le problème ne se situe pas entre Nagy et Lamberts ».

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