La Wallonie fait la chasse au gaspillage

Entre le lancement du Rest-O-Pack et une nouvelle politique de tri, la Wallonie est sur le bon chemin. Carlo Di Antonio, le ministre wallon de l'Environnement, fait le point.

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Les chiffres sont hallucinants. En moyenne, un Wallon produit 140 kg de déchets chaque année, dont 40 % de fractions organiques (végétaux, coquilles d’œufs, pain, etc.) non triées. Parmi elles, 23 kg constituent de la nourriture comestible, parfois même sous emballage. Un tel gaspillage coûte annuellement 174 € par habitant. “En récupérant tous les aliments gaspillés et consommables, on pourrait nourrir toutes les personnes en difficultés alimentaires”, assène le ministre wallon de l’Environnement cdH Carlo Di  Antonio. Sur la base d’une enquête commanditée par son cabinet (voir ci-dessous) et en exclusivité pour Moustique, il fait le point sur ses prochaines mesures visant à tordre le cou au gaspillage alimentaire. 

Vous avez mangé au restaurant ce midi? Vous avez repris vos restes? 

CARLO DI ANTONIO – J’aime finir mon assiette, mais il m’arrive de les reprendre. Ce sera quand même plus simple avec le lancement du Rest-O-Pack, une boîte recyclable mise à la disposition des restaurants afin d’emballer la nourriture.

Au restaurant, 56 % des Wallons disent reprendre leurs restes. Une bonne surprise? 

Cela m’a effectivement étonné, je n’avais pas cette impression. Mais il reste à convaincre ceux qui ne reprennent pas leur surplus. L’étude montre que le problème n’est pas tant la volonté d’emporter ses  restes, mais le regard des autres. C’est pourquoi le “Rest-O-Pack” est essentiel. Et à ceux qui ont déjà leur propre système, on propose simplement des autocollants. Pour rendre la pratique socialement plus acceptable, nous accompagnons cette initiative d’une campagne de communication qui incite les restaurateurs à indiquer sur leurs cartes qu’il est possible de reprendre les restes. 

Le gaspillage dans les cuisines des restaurants est aussi inquiétant: 20 à 25 % des produits achetés sont jetés alors que  la moyenne européenne est de 12 %.

Nous avons discuté de ces résultats avec le secteur qui souhaite réagir rapidement. En termes économiques, c’est un enjeu non négligeable pour eux. Le Rest-O-Pack devrait faire baisser ce chiffre. Nous nous attardons également à la sensibilisation des restaurateurs. 

À domicile, la première cause de gaspillage alimentaire est le dépassement de la date de péremption. Les règles sont-elles trop strictes? 

On observe une méconnaissance des terminologies. Quand il est écrit “à consommer de préférence avant…”, les gens lisent “interdiction de consommer après…”. Or, dans de nombreux cas, le produit perd en qualité, peut-être en goût, mais reste propre à la consommation. On pourrait réfléchir à changer les termes pour les rendre plus explicites encore, mais il faut pour cela passer par le niveau européen. À l’échelle régionale, on s’attarde sur la communication. L’enquête nous a montré que les jeunes gaspillaient le plus. Il y a aussi une différence au niveau des classes sociales. Plus on est riche, plus on a tendance à jeter. Au sens économique, c’est compréhensible. Pas au sens éthique et environnemental.

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