Alain Prost: « Les pilotes doivent se battre à armes égales »

À 62 ans, le quadruple champion du monde combine la gestion d’une écurie en Formule électrique et les conseils à Renault en F1 classique. Le “professeur” n’est toujours pas rangé des voitures et a quelques leçons à donner. 

Alain Prost ©Belga

S ’il a raccroché le casque il y a près d’un quart de siècle, Alain Prost reste l’une des figures les plus écoutées et respectées du paddock. Et son expérience ne l’empêche pas de piaffer devant les nouveaux bolides proposés pour la saison 2017. “Des ondes positives émanent de ces nouvelles voitures. Elles vont nettement plus vite, et leur tenue de route sera encore plus impressionnante. Leur pilotage s’annonce aussi nettement plus exigeant pour le corps, à cause des poussées ressenties à l’accélération et au freinage. Les pilotes vont se transformer en guerriers derrière leur volant, poussés dans leurs limites physiques.” Rencontre avec une figure mythique de la discipline…

Après 40 ans de règne sans partage sur la F1, Bernie Ecclestone a cédé sa place aux Américains de Liberty Media. Une bonne chose, selon vous ?

ALAIN PROST – Bernie a apporté énormément à la F1. C’est sous son impulsion que la discipline est passée d’une improvisation totale au professionnalisme que nous connaissons actuellement. Si, de nos jours, la F1 concerne cinq continents et 400 millions de fans, c’est à lui qu’on le doit ! Maintenant, Liberty Media, qui a repris le flambeau, est une structure américaine, très portée sur le sens de spectacle, la proximité entre les pilotes et le public, et les médias sociaux. C’est peut-être cela qui manquait pour attirer un public plus jeune autour des circuits. Ecclestone n’était pas très au fait des innovations apportées par Instagram, Twitter ou autres…

Quand au spectacle sur la piste, il y a avait aussi des choses à faire, non ?

Il faut aller vers un rééquilibrage des performances des voitures. Pour que tous les pilotes puissent se battre à armes égales. Parfois, je regarde la course à la télé, juste comme un fan, et je me surprends à m’ennuyer. Je me souviens, par exemple, que lors du Grand Prix d’Australie 2015, tout était négatif: seulement 15 voitures au départ, des dépassements poussifs, Manor à la rue, Sauber au tribunal, Honda dans l’embarras… La F1 se tirait une balle dans le pied, là, en direct !

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