Profession: coach en séduction

Ils se présentent comme des “Pick Up Artist”, des artistes de la drague. Ils ont des techniques spécifiques pour chaque type de fille. Sauf que leurs discours sur les lois de l’attraction tiennent plus du business juteux que de la science exacte.

Pour emballer comme un pro: de 99 euros le pack de base à 1500 euros pour la formule VIP. ©Fotolia

Vous êtes dans un club tamisé. Les baffles diffusent le dernier beat à la mode. Alors que vous dansez sur la piste avec vos copines, vous sentez quelqu’un tapoter sur votre épaule. Vous baissez les yeux, remarquez des doigts saisir légèrement votre bras. Vous vous retournez et là, le type balance: “Est-elle toujours comme ça? Comment faites-vous pour endurer sa beauté?” Vos amies éclatent de rire. Vous virez rouge pivoine. Mais au bout de quelques minutes de charme, l’homme vous ignore totalement. Et  disparaît… Pour lui, la partie est gagnée. Quand il reviendra auprès de vous, 15 minutes plus tard, ce sera pour “ramasser” votre numéro. 

Andrea se revendique d’un mouvement d’esthètes de la drague: la culture des “Pick Up Artists”, soit l’art d’amener (toutes) les femmes au lit. Associée au courant de pensée masculiniste, cette sous-culture réunit une communauté de “coachs en séduction” et leurs apprentis autour de l’idée que les hommes sont des chasseurs et les femmes des proies passives, prévisibles et assez facilement manipulables. Dès lors qu’on applique les techniques du développement personnel à la séduction.

Pour séduire une femme, il faut d’abord séduire son groupe d’amis tout en l’ignorant, elle, délibérément.

Ce soir, quatre hommes sont venus l’écouter et s’exercer auprès de lui. À la louche, entre 25 et 40 ans, blancs pour la majorité, urbains, ni beaux ni moches. Objectif de l’épreuve: isoler la cible, éliminer la compétition, produire un rapport. Et se placer d’entrée de jeu dans une position désirable. “Pour séduire une femme, il faut d’abord séduire son groupe d’amis tout en l’ignorant, elle, délibérément, explique Andrea, avec le romantisme d’un Chateaubriand nightclubber. Même si cela semble contre-intuitif, cette attitude va charmer la fille parce que vous serez devenu populaire auprès de ses amies.”

C’est leur deuxième séance sur six mois de formation. Le coût? 850 à 1.600 euros par tête de pipe pour assister une à deux fois par semaine à un cours théorique suivi d’un exercice pratique qui consiste à aller draguer dans la rue. Le coach mêle “petites astuces” et bon sens. En injectant, ça et là, quelques notions de psychologie appliquée. Voire de “programmation neurolinguistique”… Un agenda rigoureux qui a toute la légèreté d’un programme minceur et toute l’ambition d’une méthode de développement personnel. Dans le monde des artistes de la séduction, les interactions sociales sont rationalisées à l’extrême: chaque parole est calculée, le moindre geste est disséqué. La drague, comme le marketing, a d’ailleurs sa novlangue. Pour les Pick Up Artists, la proie est une HB (“hot babe”), leur jungle est la “game”, ils doivent soigner leur “BL” (body language) et ciseler leur “opener” (leur phrase d’accroche pour engager la conversation).

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