Michel Cymes: « il faut rendre son cerveau heureux »

Le médecin de France 2 et M6 publie Votre cerveau. Un encouragement à changer nos habitudes en méditant, mangeant sainement, bougeant, déstressant… Autant de bonnes pratiques pour faire du bien à ses neurones et réconcilier corps et esprit.

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On l’aurait presque oublié, vu son omniprésence sur nos écrans de télé, mais Michel Cymes reste un praticien. D’ailleurs, comment pourrait-il encore se considérer comme médecin sans pratiquer?, tient-il à nous dire, en guise de préambule. “Ça me semble impossible. Je ne pourrais pas me passer de mes consultations. C’est ma vie, je consulte! Deux fois par semaine dans un hôpital parisien…”
Comment gérez-vous vos salles d’attente, avec la notoriété? 
MICHEL CYMES – Je ne veux pas être le docteur “vu à la télé”. J’ai mis au point des stratégies. D’une part, je ne dirai jamais dans les médias où j’exerce ni quelle est ma spécialité. D’autre part, ma secrétaire est une pitbull qui reconnaît immédiatement les patients qui viennent pour la notoriété. Parce que le problème, c’est que lorsque vous êtes connu, que vous abordez différents sujets, les gens pensent que vous savez tout sur tout. Je ne suis pas Prix Nobel de médecine. J’espère juste être bon dans ma spécialité. 
Le message de votre livre et de votre travail en général, c’est “Mens sana in corpore sano”. Elle date du Ier siècle, cette maxime! Pourquoi doit-on encore, selon vous,  la répéter? Pourquoi n’arrive-t-on pas à  la suivre? 
Parce qu’on vit dans une société dans laquelle tout va très vite et dans laquelle on a de moins en moins le temps! Dès lors on n’a pas conscience, ou on ne veut pas l’avoir, qu’il faut s’occuper de soi. On se laisse embarquer, quand on a une vie bien remplie, quand on est, comme moi, passionné par ce qu’on fait… En plus avec tous les nouveaux médias on a tendance à se laisser porter par les événements. Or, notre organisme, surtout notre cerveau, a besoin de se reposer de temps en temps. J’en sais quelque chose. Pour avoir un jour frôlé le burn out, je sais où m’arrêter. Quand je rentre chez moi le soir, je ferme tout, je n’y suis plus pour personne du vendredi soir au lundi matin. C’est le fait de le faire et d’en avoir besoin qui m’a donné envie d’écrire ça dans le bouquin. 
Comment arriver à se détacher? 
La première étape, c’est de se rendre compte que l’esprit n’est pas si sain que ça. Ce bouquin veut faire prendre conscience aux gens que si l’on ne contrôle pas le cerveau, le reste s’étiole.
Ça pourrait sembler alarmiste… 
C’est important, pour moi, de rester positif. J’insiste sur le fait que toute sa vie, le cerveau a besoin de se sentir bien… Donc que les carottes ne sont pas cuites, jamais! On ne devient pas grabataire car on perd des neurones tous les jours. L’idée est de se dire: “Vous voulez un corps sain? Commencez par votre esprit. Le corps suivra”. De là, on reprend les bases…
Manger bien, faire du vélo… Pourtant  le public les connaît, les bases, dans les grandes lignes… 
C’est vrai. C’est comme dans le précédent livre, je n’ai pas révolutionné le monde de la médecine! Mais le succès a été dingue. Parce que, je pense, justement, les gens se sont dit: “Tiens, tout ce qu’il me dit, je le sais, mais je ne l’appliquais pas!” Ici, c’est pareil. Ce qui fait la différence avec “ce qu’on sait”, c’est qu’on donne du sens aux conseils, on explique en quoi changer ses habitudes est efficace, on dédramatise, on donne les clés aux gens: ils peuvent agir! Je ne suis ni philosophe ni psychiatre mais il y a une bonne partie du bouquin qui est consacrée au bien-être de son cerveau parce que l’activité physique et l’alimentation sont essentielles mais qu’il est important aussi de tout faire pour rendre notre cerveau un peu plus heureux. C’est en écrivant ce livre que j’ai réalisé l’impact du  bonheur sur la médecine. Voltaire le disait déjà: “J’ai décidé d’être heureux car c’est bon pour la santé”. Il avait tout pigé.

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